Covid-19 : le ministre de la Santé Olivier Véran annonce l'envoi d'une "médiation" en Martinique

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Manifestation
©François Marlin
Auditionné au Sénat sur les dispositifs de vigilance sanitaire, le ministre de la Santé Olivier Véran vient d'annoncer l'envoi d'une médiation en Martinique dans l'objectif de rétablir "les conditions d'un dialogue serein". L'île connaît de nombreuses tensions autour de l'obligation vaccinale.

Le ministre de la Santé Olivier Véran annonce l'envoi d'une "médiation" en Martinique pour "recréer les conditions d'un dialogue serein avec l'ensemble des parties prenantes" dans l'objectif de "faire appliquer la loi" et de faire "progresser la vaccination". Le territoire connaît des tensions face au refus de nombreux professionnels, notamment des soignants, de se faire vacciner contre le Covid-19, alors qu'il est très durement touché par une quatrième vague de contamination.

Regardez la réponse d'Olivier Véran au Sénat :

Le 23 octobre, le président du conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique demandait la mise en place d'une médiation dans l'île, impliquant les corps médicaux, l'État et les représentants du personnel, "afin de rétablir un espace de dialogue et de débat respectueux des opinions de chacun". Serge Letchimy déplorait dans son courrier adressé au ministre de la Santé de "fortes tensions au sein des hôpitaux de Martinique, notamment sur la question de l'application du pass sanitaire" et s'inquiétait des démissions de soignants.

Ce mardi, le président du conseil exécutif de la CTM s'est dit "satisfait" de la réponse du ministre de la Santé. "Cette médiation est un impératif pour retrouver la voie du dialogue sur notre territoire. Un dialogue serein et salutaire."

Grève générale

De son côté, l'opposition indépendantiste du GSPM (Gran Sanblé Pou Matinik) demandait également une médiation entre l'intersyndicale, le préfet de Martinique, le directeur de l'ARS et le directeur du centre hospitalier universitaire de Martinique (CHUM). Leur objectif : mettre en place une dérogation sur l'application du pass sanitaire sur le territoire. 

Quelques jours avant, une confusion sur l'abandon des contrôles du pass sanitaire à l'entrée du CHUM avait provoqué de nombreuses réactions. Une note interne avait été diffusée et expliquait que tous les soignants pourraient rentrer "avec ou sans pass sanitaire". Mais la direction a démenti, assurant que le "contrôle systématique" du pass sanitaire était bien maintenu à l'entrée de l'établissement.

"Les contrôles systématiques lors de l’accès au CHU sont bien effectués, mais ne doivent bien entendu en aucun cas générer des situations de blocage ou de rupture de l’offre de soins", précisait alors le CHUM. La direction a appelé hier, lundi 25 octobre, à l'arrêt des manifestations devant son enceinte.

Fracture sociale

Depuis plusieurs semaines, des manifestations sont régulièrement organisées et des tensions grossissent dans l'île entre "pro" et "anti" obligation vaccinale. La Martinique fait partie des départements français avec le plus faible taux de vaccination : seul 37% de la population possède un schéma vaccinal complet, contre 67% au niveau national. 


L'intersyndicale du CHUM a porté plainte contre X pour dénoncer la gestion de la crise sanitaire dans le département. La plainte est constituée de trois chefs d’accusation : "abstention volontaire de prendre les mesures visant à combattre un sinistre", "violences involontaires" et "mise en danger délibérée de la vie d'autrui". 

Le préfet de Martinique a lui porté plainte suite à des "menaces et messages d'incitation à la haine" à l'encontre de soignants vaccinés. Vendredi 22 octobre, ceux-ci ont été pris à partie lors d'une manifestation où ils dénonçaient la pression subie par leurs collègues non-vaccinés. Quelques jours après, lundi 25 octobre, un cercueil orné d'une tête de chèvre a été déposé devant la préfecture lors d'une manifestation suite à l'appel à la grève générale lancé par l'intersyndicale.