Des médecins du CHU de Martinique victimes d’insultes et de propos racistes

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Médecins CHUM / agression / insultes
Des médecins pris à partie par un agent du CHU de Martinique (22 octobre 2021). ©RS
Vendredi 22 octobre 2021, plusieurs praticiens vaccinés du CHUM, en majorité originaires de l'hexagone, se sont rassemblés en silence devant l’hôpital, avec des pancartes pour dénoncer les attaques et les propos racistes dont ils font l’objet depuis quelques temps. Ils demandent à être respectés.

"Nul ne peut être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi", précise l’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 (qui a valeur constitutionnelle).

Vendredi 22 octobre 2021, près de 80 médecins et soignants vaccinés, en majorité originaires de l'hexagone, se sont rassemblés avec leurs blouses blanches devant l’hôpital Pierre Zobda-Quitman, afin de dénoncer pacifiquement les attaques, insultes et autres propos racistes dont ils sont la cible depuis quelques temps. Mais leur mobilisation silencieuse a été perturbée par des invectives.

Ces agressions verbales proviennent parfois d’autres agents affirment-ils, d'où le message qu'ils ont délivré : "Plus jamais un virus entre nous, je suis vacciné, je vais bien, je vis, je soigne".

Message médecins / CHUM
Message d'apaisement délivré par les médecins du CHUM vendredi 22 octobre 2021 : "Plus jamais un virus entre nous, je suis vacciné, je vais bien, je vis, je soigne". ©RS

Et lorsque certaines de ces attaques sont teintées de racisme, formulées verbalement et sur les réseaux sociaux en particulier et de façon anonyme, c’est la stupeur chez les praticiens.

Médecins insultés / réseaux sociaux
Quelques-unes des récentes insultes et accusations anonymes en circulation sur les réseaux sociaux, à l'encontre des soignants de l'hexagone exerçant au CHU de Martinique (octobre 2021). ©RS

Conséquences, plusieurs d'entre eux venus d'autres régions de France, affectés au CHU de Fort-de-France ou dans d’autres établissements de l’hôpital public, exaspérés par ce climat de tension dans les services, songent à quitter l’île.

Christophe Deligny, chef de médecine interne au CHUM, l’a confirmé sur notre antenne radio.

Oui, il y en a, bien-sûr…(…).

 

On a été submergé par cette vague Covid et on a fait tous je pense, avec coeur le mieux possible.

Mais on est des humains et il n’y a pas de raison qu’il y ait des insultes…

 

C’est très important que tout le monde se parle, dans le respect et dans l’apaisement.

(Christophe Deligny)

 

L’administration du CHUM et les autorités sanitaires seraient selon nos sources très préoccupées par cette atmosphère de nature à perturber un peu plus le fonctionnement au quotidien, dans un contexte d’opposition entre POUR et CONTRE le pass sanitaire et la vaccination.

Cette injection est rendue obligatoire par la loi, pour tous les personnels soignants de France, idem dans d’autres pays comme par exemple le Canada, au Québec, d'après l’ordre des infirmières et infirmiers de la province française