Esclavage : une abolition obtenue par la lutte

histoire
Abolition esclavage
©otythys

Ce 27 mai, on commémore l’abolition de l’esclavage en Guadeloupe. Pour la deuxième année consécutive, les manifestations de commémoration sont limitées sur notre territoire en raison de la crise sanitaire.

Certaines communes marquent l’événement en proposant des rassemblements restreints ou des conférences sur internet. D’autres associations proposent des commémorations en nombre limité. Sur les réseaux sociaux du Mémorial Acte ou encore des dépôts de gerbes sur les sites symboliques, cette année, la commémoration de l’esclavage sera célébrée chez nous. Une date qui marque le 173ème anniversaire du décret mettant fin à l’esclavage dans les colonies françaises.

A l’époque, certains hommes, au nombre desquels Victor Schoelcher et l'Abbé Grégoire, ont sensibilisé l’opinion publique quant à cette pratique qui n’a que trop durée. Les idées humanistes progressent partout en Europe et la France ne peut plus justifier ce système en place dans les colonies.

Aussi, le 27 avril 1848, le gouvernement promulgue le décret d’abolition de l’esclavage. Dans son article premier, il est dit :

L’esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises, deux mois après la promulgation du présent décret dans chacune d’elles.

 

Deux mois c’est long, et déjà dans les colonies la nouvelle se propage. Les esclaves s’impatientent et certaines révoltes éclatent… en Martinique notamment… Averti par son homologue de la Martinique sur le tour dramatique que les choses ont pris notamment à Saint Pierre, l'obligeant à promulguer l'abolition  dès le 22 mai, et pour éviter une telle insurrection générale, le gouverneur de Guadeloupe décide donc de décréter lui aussi l’abolition le 27 mai 1848. 

S’il avait fallu attendre l’arrivée du décret sur l’île - il n'est arrivé que le 5 juin 1848- on estime que l'abolition aurait été effective en août 1848, selon les règles énoncées par le décret.

Il reste que sur place, rien n’a été prévu pour l’émancipation de près de 130 000 personnes. Hormis l’indemnisation des colons, L’avenir de ces nouveaux hommes libres n’a pas été pensé. Pas de répartitions des terres, pas de réformes foncières… et pas même d’organisation prévue pour donner des noms à ces personnes. A l’abolition, les anciens esclaves quittent les habitations, lieux de souffrance et les années qui suivent on constate un effondrement de la production sucrière dans nos régions.

Si les esclaves ont arraché leur liberté par la lutte et par la résistance, l’Etat Français, quant à lui n’a rien prévu pour que ces hommes et ces femmes vivent dignement. 173 ans après cette abolition, les luttes sociétales, sociales et politiques actuelles prouvent que cette pleine dignité est encore à conquérir.