Éthéphon : une enquête est ouverte en Guadeloupe

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L’éthéphon fait couler beaucoup d’encre, depuis l’ouverture d’une enquête judiciaire en Martinique, après la découverte d'un usage frauduleux de cette molécule, qui accélère la coloration des fruits, sur des bananes plantains commercialisées dans l'île
L’éthéphon fait couler beaucoup d’encre, depuis l’ouverture d’une enquête judiciaire en Martinique, après la découverte d'un usage frauduleux de cette molécule, qui accélère la coloration des fruits, sur des bananes plantains commercialisées dans l'île. ©Rudy Rilcy
Se dirige-t-on vers un nouveau scandale sanitaire aux Antilles ? On en parle depuis hier avec l'ouverture d'une enquête en rapport avec l'utilisation illégale d'une molécule en Martinique. L'éthéphon servirait à accélérer le murissement de la banane. L'affaire fait grand bruit chez nos voisins. Qu'en est-il en Guadeloupe ? Des voix autorisées confirment l'utilisation de ce produit chez nous. Où et pourquoi ? La préfecture vient d'ouvrir une enquête pour en savoir plus...

L’éthéphon fait couler beaucoup d’encre, depuis l’ouverture d’une enquête judiciaire en Martinique, après la découverte d'un usage frauduleux de cette molécule, qui accélère la coloration des fruits, sur des bananes plantains commercialisées dans l'île. Cet hydrocarbure est classé comme "légèrement dangereux", par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La molécule serait appliquée sur les fruits cueillis encore verts pour accélérer le passage vers la couleur jaune pour présenter à la vente des produits plus attrayants. Une pratique interdite. L'utilisation de l'éthéphon n'est autorisé que sur les ananas et les tomates.

L'utilisation de l'éthéphon n'est autorisé que sur les ananas et les tomates.
L'utilisation de l'éthéphon n'est autorisé que sur les ananas et les tomates. ©Rudy Rilcy

Et le scandale pourrait bien secouer notre archipel également. Des analyses sont en cours pour savoir si la même pratique frauduleuse a été mise en œuvre en Guadeloupe.

Du côté du marché de la gare routière à Lamentin, une marchande de fruits et légumes, qui a préféré garder l'anonymat, explique qu'elle arriverait à distinguer auprès des planteurs, une banane "mouillée", jaune et sans tâches parfaite pour attirer le client, d'une banane "naturelle", qui présente quelques tâches mais a mûri naturellement avec le temps.

Ils pulvérisent un produit sur les bananes et celles-ci deviennent jaunes en un ou deux jours alors que naturellement cela prendrait trois-quatre jours 

Une marchande

Pour obtenir ce résultat, les planteurs utiliseraient l'éthéphon, produit interdit en France pour la banane mais autorisé pour la production d'ananas. Une information confirmée par la Sica-UDCAG (Union pour le développement cannier et agricole de la Guadeloupe) qui explique que le produit est pulvérisé sur les plants d'ananas de manière stricte contrairement à la banane où il est pulvérisé avant sa dégustation.

Jean Descieux,
Jean Descieux, technicien à la Sica-UDCAG ©Rudy Rilcy

C'est un produit qui est utilisé dans l'ananas plusieurs mois en avance donc on ne le retrouve pas dans le fruit puisque c'est le produit qui va lancer la floraison donc il n'y a plus aucune trace à sa dégustation

Jean Descieux, technicien à la Sica-UDCAG

D'après nos informations, à la suite de l'alerte donnée par les services de la direction et de l'information, de la concurrence et de la consommation de Martinique, la préfecture de Guadeloupe a ordonné que des prélèvements soient effectués sur des lots de bananes plantain en Guadeloupe afin de les analyser et de vérifier s'il y a des traces d'éthéphon.

Les résultats de ces analyses ne sont pour le moment pas encore connus.

Néanmoins, il s'avère que le risque n'est pas avéré pour les consommateurs. En revanche, ceux qui sont exposés et/ou manipulent ce produit peuvent subir des brulures de la peau, souffrir de lésions oculaires ou être intoxiqués. L'éthéphon nuit aussi à l'environnement.