Comment en finir avec les vols répétitifs sur les exploitations agricoles ?

60 cochons ont été volés sur l'exploitation d'Edouard Baboullal, il y a quelques mois, à Petit-Canal.
Bétail, carburant, marchandises, matériel agricole... tout y passe ! Des voleurs se servent de plus en plus sur les exploitations de l’archipel. Dans ce contexte, la préfecture, la Chambre d’agriculture et la gendarmerie ont signé une convention, pour prendre à bras-le-corps cette problématique et accompagner les agriculteurs et éleveurs.

La sécurisation des exploitations agricoles est devenue une obligation, pour les professionnels. Ces derniers doivent penser à protéger leurs biens et leurs productions, dans la mesure où le nombre de vols de fruits, de légumes, de matériel agricole, de carburant et d’animaux dans l’archipel a considérablement augmenté. Par exemple, 70 faits ont été recensés en 2022, contre une vingtaine les années précédentes. A chaque fois, ce sont plusieurs dizaines de têtes qui disparaissent ; les pertes sont donc non-négligeables, pour les éleveurs.

Cette problématique a été abordée à l’occasion d’une visite de terrain, à laquelle ont participé Tristan Riquelme, directeur de cabinet du préfet et Patrick Sellin, président de la Chambre d’agriculture, notamment, hier (vendredi 20 janvier 2023). Ils se sont rendus sur l’exploitation d’Edouard Baboullal, à Duval (commune de Petit-Canal).

Voler pour se faire de l’argent

Edouard Baboullal a "perdu" 60 cochons, il y a quelques mois. Auparavant, quelqu’un était parti avec 80 de ses caprins. L’exploitant est démuni face à ces actes de délinquance à répétition. Une situation décourageante.

Edouard Baboullal, exploitant à Duval / Petit-Canal.

Vues les quantités de marchandises dérobées, il apparait que ces actes de délinquances soient commis pour de la revente, principalement ; plus que pour de la consommation personnelle.
Ce sont alors des filières illégales qui se développent.

Il y a des contraintes fortes d’hygiène qui sont imposées, des contraintes en matière de respect de la vie animale et de lutte contre la souffrance animale. Lorsque l’on vole un animal, on ne respecte pas toutes ces règles.

Tristan Riquelme, directeur de cabinet du préfet
Tristan Riquelme, directeur de cabinet du préfet ©Lydia Quérin et Ronhy Malety - Guadeloupe La 1ère

 

Ne pas laisser faire

Une fois saisis, les enquêteurs cherchent à identifier les auteurs de ces vols, à savoir s’ils agissent au sein d’organisations de malfaiteurs ou s’il s’agit de larcins d’opportunité et, enfin, si la marchandise ainsi prélevée reste dans l’archipel ou si elle est écoulée hors du territoire.

Quand on voit, sur une exploitation comme celle-là, où il y a, dans un week-end, 80 têtes de bétail qui s’en vont, on se pose quand même des questions. C’est quand même organisé.

Major Louis Falémé, référent sureté pour la gendarmerie, cellule de prévention technique de la malveillance
Major Louis Falémé, référent sureté pour la gendarmerie, cellule de prévention technique de la malveillance ©Lydia Quérin et Ronhy Malety - Guadeloupe La 1ère

Mais pour qu’il y ait enquête, il faut qu’il y ait plainte. Les victimes ne doivent pas hésiter à signaler les vols aux forces de l’ordre.

On a signé une convention, entre l’Etat, la Chambre d’agriculture et la gendarmerie, qui leur permet d’avoir un rapport très proche avec les forces de l’ordre. Quand ils [NDLR : Les agriculteurs] vont déposer plainte, devant la gendarmerie, sans exagérer, ils seront pris en priorité. Parce que le temps presse et il faut qu’on mène l’enquête et qu’on interpelle les auteurs.

Major Louis Falémé, référent sureté pour la gendarmerie, cellule de prévention technique de la malveillance

Les forces de l’ordre incitent enfin les professionnels du monde agricole à se prémunir via divers moyens de lutte, contre ce phénomène grandissant ; elles préconisent de clôturer les exploitations, ou encore l’installation de caméras de surveillance et/ou d’alarmes anti-intrusion. Des parades relativement coûteuses. Dans ce cadre, des agents référents de la gendarmerie peuvent se rendre sur place, afin d’accompagner le professionnel, quant à la bonne formule à adopter.