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Grève des avocats : l'arrêt des audiences suscite crispations et protestations

justice
GREVE AVOCAT
©Eric Stimpfling
Les avocats en grève ont bloqué une nouvelle fois ce mardi, l'accès à la salle d'audience n°3 du Tribunal Judiciaire de Pointe-à-Pitre, empêchant la tenue d'une session correctionnelle. Les magistrats présents ont exprimé leur mécontentement d'un fonctionnement très dégradé de la machine judiciaire.
Entamée le 6 janvier dernier, la grève des avocats dure depuis trente jours, grippant toute la machine judiciaire. Ce mardi matin, le blocage de la salle d'audience n°3 du tribunal judiciaire de Pointe-à-Pitre, a suscité une altercation verbale entre les avocats et les magistrats. Le blocage empêchant, une fois de plus, la tenue d’une session correctionnelle, la présidente du tribunal et le procureur, sont venus protester en demandant que les délibérés puissent au moins être prononcés.  Après une courte négociation, les avocats ont finalement donné leur accord. Les deux délibérés ont pu être prononcés mais tous les autres dossiers ont été renvoyés.

On écoute Maître Lorenza Bourjac, interrogée par Eric Stimpfling :
©guadeloupe

La machine judiciaire fonctionne sur un mode très dégradé


Conséquences de ces trente jours de grève : 280 dossiers correctionnels ont été reportés à une date ultérieure pour la seule juridiction de Pointe-à-Pitre. Les convocations pour un nouveau dossier sont désormais programmées à la prochaine rentrée, soit septembre-octobre. La grogne monte également parmi les prévenus déjà placés en détention. « Ils sont furieux de ne pouvoir être jugés. Nous nous faisons insulter » reconnaît une magistrate du Tribunal Judiciaire de Pointe-à-Pitre. «Cela a également des incidences sur l’organisation des escortes de gendarmerie en charge des extractions de détenus depuis la maison d’arrêt » ajoute un représentant du Parquet de Pointe-à-Pitre.
Salle d'audience
©Eric Stimpfling

Aucun chiffre n’est disponible  pour la juridiction de Basse-Terre, mais là aussi, la machine judiciaire fonctionne sur un mode très dégradé.

« Les personnes qui devaient être jugées en comparution immédiate sont maintenues systématiquement sous mandat de dépôt, alors qu’elles sont présumées innocentes. Cela pose un vrai problème en termes de libertés publiques » indique Jean-Luc Lennon, procureur de la République de Basse-Terre.


Et pour l’heure, rien n’indique une amélioration de la situation. Réunis en assemblée générale, les avocats ont voté la poursuite de la grève jusqu’au 7 février prochain.