Jean-Louis Francisque convoque tous les membres fondateurs du SMGEAG pour parler de son financement

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Le SIAEAG
©E. Stimpfling
Moins de deux mois après sa création, le syndicat mixte de gestion de l’eau et de l’assainissement de la Guadeloupe est confronté à une nouvelle crise majeure. Après les démissions des précédents directeurs généraux, c’est désormais l’argent qui fait défaut. Il sera au cœur d'une réunion ce lundi

Officiellement, il s’agit d’un point d’étape, officieusement, c’est une réunion de crise. L’argent va bientôt faire défaut dans les caisses du syndicat mixte de gestion de l’eau et de l’assainissement de la Guadeloupe.

Le SMGEAG n’a en effet toujours pas débuté la facturation en son nom propre. Il ne génère donc aucun chiffre d’affaire. Et pourtant, il faut bien payer les salaires et les fournisseurs.

Pour tenir, le syndicat est contraint de puiser dans ses fonds propres qui, pour l’heure, se résument à son capital de départ. On appelle cela la dotation initiale. 16,25 millions d’euros censés être versés par les deux collectivités majeures et les 5 EPCI, qui constituent les 7 membres fondateurs.

Seulement voilà, seuls les Conseils Régional et Départemental ont versé chacun 5 millions d’euros. Les 5 EPCI, eux, n’ont toujours pas honoré leur engagement respectif à hauteur de 1,25 million d’euros. Or, on le sait, certaines communautés d’agglomération sont en grande difficulté financière.

La marge de manœuvre de Jean-Louis Francisque est donc mince.
 

Jean-Louis Francisque

Très mince et pourtant, il y a urgence. « Si pour les salaires, cela passe encore ce mois-ci. En revanche, cela risque de coincer le mois prochain » indiquent plusieurs sources internes concordantes. Il faut donc au plus vite mettre en place la facturation à l’échelle de l’Archipel. « Au mieux, ce sera en novembre, au pire en décembre » indique-t-on de sources généralement informées.

Ensuite, il faudra gérer le prochain rapport de la Chambre régionale des Comptes. Car, puiser dans ses fonds propres pour des dépenses de fonctionnement s’apparente à de l’acrobatie financière. Or, on le sait, les magistrats de la CRC ont très peu d’appétence pour ce genre d’exercice.

Les EPCI vont honorer leur engagement

La réunion s’est achevée peu avant 19H00. Jean-Louis Francisque a réussi à convaincre les 5 communautés d’agglomération d’honorer leur engagement en tant que membres fondateurs et donc de verser chacune 1,25 million d’euros au titre de la dotation initiale. Une sorte de dot que l’on met dans la corbeille de la mariée.
Une dot obligatoire; c’est inscrit dans la loi. Compte tenu des difficultés financières de certaines communautés d’agglo, la solution d’un échéancier a été validée avec des versements étalés sur plusieurs mois.
L’objectif étant d’assurer les salaires et de payer les fournisseurs en attendant le démarrage de la facturation pour l’ensemble des clients et usagers du syndicat. Facturation qui pourrait démarrer en novembre, voir en décembre.


Les élus vont-ils tenir leur engagement ?


Une question d’autant plus légitime que ces derniers ont envoyé ce soir un bien mauvais signal à la population. La réunion s’est déroulée à huis clos et hors la présence de la presse. Ce qui est contraire à l’article 19 des statuts du syndicat mixte qui prévoit des réunions publiques et devant, par ailleurs, faire l’objet d’une diffusion en direct sur Internet.
Des statuts qui, faut-il le rappeler, sont inscrits dans une loi voté par le Parlement.
Mais promis juré nous a dit Jean-Louis Francisque, cela n’arrivera plus.
Chat échaudé craint l’eau froide...