L’eau de Ravine Chaude au cœur d’un programme de recherches scientifiques

consommation lamentin
Espace thermoludique de Ravine Chaude à Lamentin
Espace thermo-ludique de Ravine Chaude à Lamentin ©Claudia Ledezert
Ravine Chaude est de nouveau au centre d’un programme de développement de Lamentin. Le nouveau projet vise à étudier les bienfaits de l’eau, sur la santé cardiovasculaire. Il a été lancé par le Laboratoire Hiram, dont le propriétaire est un Lamentinois installé au Canada.

Deux objectifs sont visés, dans le cadre d'un nouveau projet qui concerne l'espace thermoludique de Ravine Chaude, à Lamentin : il s'agit de prouver les bénéfices de l’eau sur la santé cardiovasculaire, à la fois par la baignade, mais également par sa consommation.

L’eau unique de Ravine Chaude

L’idée vient de Roddy Hiram, chercheur à l’institut de cardiologie de Montréal, professeur à la faculté de médecine de l’Université de Montréal... et originaire du Lamentin ! Le scientifique se base sur des données récentes, observées notamment dans les saunas nordiques. Selon lui, elles montrent que "l’environnement de chaleur favorise la santé cardiovasculaire".
Des écrits avaient déjà été produits, dès 1842, pour comprendre en quoi Ravine Chaude aurait de tels effets.
Aujourd’hui, le chercheur prend le relai et tente, à son tour, de comprendre et prouver les bienfaits de cette eau "unique", selon lui.

Cette eau est chauffée naturellement par notre volcan, la Soufrière (...)

Cette eau-là a une omposition optimale en calcium, potassium, magnésium, en iodes, en bromes !

Roddy Hiram, chercheur à l’institut de cardiologie de Montréal

Roddy Hiram ©Mélanie Roland - Guadeloupe La 1ère


Un projet qui permettrait à Ravine Chaude d’être labellisée

Le programme de recherches devrait durer 5 ans. Cent patients présentant des troubles cardiaques seront partie prenante du projet. La moitié sera placée, trois fois par semaine, en thermothérapie, à travers la baignade. L’autre moitié sera placée en restriction à cette thermo-baignade.

Si le projet fonctionne, l’Espace Thermo Ludique sera enfin labellisé. Une aubaine, pour son directeur, David Boucaud, qui se dit prêt à accueillir le programme.

Nous allons pouvoir accueillir un ou deux chercheurs qui vont venir, parce qu'ils ne seront pas tous en même temps là. Nous sommes prêts à les accueillir, il n'y a aucun problème, aucun soucis.

David Boucaud, directeur de l’Espace Thermo Ludique de Ravine Chaude

David Boucaud ©Mélanie Roland et Jean-Marie Mavounzy - Guadeloupe La 1ère


L’eau de Ravine Chaude bientôt consommée ?

Pour la deuxième partie du projet, la consommation de l’eau sera testée sur des rats, divisés en deux groupes. Le premier groupe boira de l’eau minérale, pendant 30 jours ; l’autre groupe, l’eau thermale de Ravine chaude. Avant cela, certains subiront une chirurgie, qui leur provoquera un infarctus du myocarde. A terme, les rats consommant de l’eau minérale et de l’eau thermale seront comparés, afin de déceler un bénéfice sur les fonctions cardiaques et sur le microbiote.

Si ces tests sont concluants, une usine pourrait bientôt voir le jour, non loin de l’Espace Thermo Ludique. L’eau y serait embouteillée. Une activité sur laquelle Jocelyn Sapotille, le maire de Lamentin, parie déjà.

C'est un projet qui pourra déboucher sur des opportunités immenses ! Immense ! On va offrir à la Guadeloupe quelque-chose qui n'éxiste pas.

 

Jocelyn Sapotille, maire de Lamentin

Jocelyn Sapotille ©Mélanie Roland et Jean-Marie Mavounzy - Guadeloupe La 1ère


Ravine Chaude déjà l’objet de programmes avortés

Ce n’est toutefois pas la première fois, dans son histoire, que l’eau de Ravine Chaude fait l’objet d’une telle tentative d'exploitation. L’ancien maire de la commune, José Toribio, s’était déjà lancé dans un projet similaire.

Cependant, selon le maire actuel, "jamais l’eau de Ravine Chaude avait été l’objet d’un vrai protocole scientifique international. Des analyses avaient été faites, mais cette fois ce protocole permettra à Ravine Chaude d’être référencée".

Au total, le coût annuel du projet s’élève à près de 240.000 d’euros. Une partie sera financée par le laboratoire Hiram et le reste par la commune de Lamentin et des partenaires, tels que l’Université des Antilles. D’autre part, le projet est également une chance, pour des étudiants et des professionnels de santé guadeloupéens, qui pourront intégrer le programme.