L’instance unique de gestion de l'eau dans l’Archipel entre en fonction ce mercredi

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usines d'eau potable
©D. Quérin
La première réunion du syndicat mixte de gestion de l’eau et de l’assainissement de Guadeloupe a lieu ce mercredi matin à l’hôtel de région, à Basse-Terre. C’est désormais cette structure qui va produire, distribuer l’eau, mais aussi assurer l’assainissement

Le syndicat mixte de gestion de l’eau et de l’assainissement… un pas supplémentaire, essentiel, mais ce n’est pas la fin du calvaire. Il faut accélérer désormais les travaux de réfection des réseaux d’adduction. La facture est astronomique… plusieurs centaines de millions d’euros. Sans compter l’épineux dossier de l’assainissement. Ce syndicat unique permet, au moins, de rationaliser : un seul interlocuteur. 

En 2009, le LKP, le lyannaj Kont Pwofitasyon, tire la sonnette d’alarme. 12 ans plus tard, la situation a empiré. Certains quartiers n’ont pas l’eau régulièrement. Et la qualité laisse à désirer. Comment en sommes-nous arrivés là ? Les communes compétentes, puis la pluparts des communautés d’agglomérations n’ont pas eu les moyens de prendre à bras le corps le problème.

En 2015, le Département va se lancer dans des travaux de réfection des unités de production, même si ce n’est pas de sa compétence. La collectivité sera suivie par la Région, dans le cadre d’un plan d’urgence de 70 millions d’euros.
Mais la goutte d’eau qui manque au robinet fait déborder le vase. Les manifestations ont amplifié. Les comités de défenses des usagers se sont multipliés. L’Etat, muet et réservé jusqu’ici, va, sous la houlette du préfet Philippe Gustin, prendre les choses en main. Des travaux ponctuels vont être planifiés et exécutés.

Aux coups de pression populaires et étatiques, se rajoutent les divergences politiques locales. Sur la gouvernance, initiative locale et proposition de loi de parlementaires locaux s’entrechoquent. Le point de la gouvernance réglé. Il a fallu gérer le transfert des salariés et agents des différentes organisations chargées de l’eau. Aujourd’hui, ce syndicat mixte dispose des atouts pour enfin régler le problème. Mais ce ne sera pas un long fleuve tranquille et plusieurs années seront nécessaires.