La Guadeloupe répertoriée comme département comptant le plus de points de deal de drogue, par le ministère de l'Intérieur

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Saisie drogue voilier Martinique 24/07/2018
©Marine nationale

Selon la Place Beauvau la Guadeloupe concentre le plus de points de deal, des points de vente quotidiens, sur la voie publique, avec présence permanente des dealers. Pour les syndicats de police, ces chiffres ne sont pas une révélation. 

C'est une enquête assez édifiante. Le ministère de l’intérieur a recensé tous les points de deal de France et d’Outre-mer. Une première... Il y en aurait près de 4 000. Dans son palmarès, la Place Beauvau indique que la Guadeloupe est un haut lieu du trafic de drogue.
Notre archipel enregistre 34,2 points pour 100 000 habitants. Cela ferait un peu plus de 136 points de vente connus. Plusieurs questions : pourquoi existent-ils toujours ? Et que va faire le ministre de l’Intérieur ?

La Guadeloupe loin devant les autres départements français

3 952, c'est le nombre de points de deal recensés sur une carte constituée par le ministère de l'Intérieur et dévoilée, il y a quelques jours, dans les colonnes du Parisien. Sont considérés comme points de deal, des points de vente quotidiens, sur la voie publique, avec présence permanente des dealers. 
En France, le ministère de l'Intérieur compte près de 6 points de deal pour 100 000 habitants. Sauf que la Guadeloupe dépasse largement cette moyenne. L'île arrive en tête avec le chiffre de 34, bien devant les autres départements.
A la deuxième place, on retrouve la Seine Saint-Denis avec près de 16 points de vente pour 100 000 habitants. Trois autres départements d'Outre-mer sont dans les 15 où la densité des lieux de trafic est la plus forte. Il s'agit de la Martinique, en 4e position, puis de la Polynésie à la 6e place, suivie de près par la Guyane.

Si l'on prend simplement le nombre de spots par département, là encore, la Guadeloupe fait partie de ceux où le trafic est très concentré. Les forces de l'ordre ont compté 129 points de deal.
Toutefois, certains policiers préfèrent rester sceptiques. D'après l'un d'eux, cité dans le quotidien national Le Parisien, les chiffres ne peuvent pas tout dire. "Si on s'amuse à faire tomber les petits réseaux pour faire du chiffre, cela va renforcer les plus gros" a t-il expliqué.

En tout cas, le ministre de l'Intérieur compte bien communiquer tous les mois sur le nombre de points de deal démantelés sur l'ensemble du territoire français. 

Que pensent les hommes sur le terrain de cette étude du ministère de l’Intérieur ?

Les syndicats de police, eux, sont dans l’attente. Pour eux, il faut avoir une lecture de la carte qui dépasse l’aspect statistique. Recenser c’est bien, mais le plus important est de contextualiser. Pour Patrice Abdallah, secrétaire départemental de l’Unité Sgp-Police / Fo, l'archipel est entouré de pays qui produisent des substances illicites. Il rappelle que la Guadeloupe est une plaque tournante et que le besoin en hommes est encore plus criant : 

Patrice Abdallah, secrétaire départemental de l’Unité SGP-Police / Fo

Mais, pour Gérard Darmanin, les citoyens doivent également prendre part à ce combat contre la drogue. Il entend "donner les moyens" à la population d'aider les forces de l'ordre. Ainsi, une plateforme est en préparation. Elle devrait permettre aux habitants de signaler un nouveau point de deal ou le déménagement des dealers à un autre point.