La Porte d'Enfer, à Anse-Bertrand, le paradis des sargasses

mer
Echouement massif d'algues sargasses sur la plage de la Porte d'Enfer, à Anse-Bertrand ©Nadine Fadel
La Porte d'Enfer, l'un des sites les plus remarquables du Nord Grande-Terre est impacté par les échouements de sargasses, à chaque vague de ce phénomène observé depuis onze ans, en Guadeloupe. Les solutions pérennes manquent. La commune d'Anse-Bertrand attend le kit de ramassage commandé. Des entreprises ont été désignées, pour assumer cette tâche.

A chaque nouvel épisode d'échouements de sargasses sur les littoraux de l'archipel guadeloupéen, la côte Nord-Est de la Grande-Terre est impactée.
C'est le cas en particulier de la prisée plage de la Porte d'Enfer, à Anse-Bertrand, point de départ d'un sentier de randonnée très fréquenté.

Un site pittoresque gâché par les sargasses

Le triste spectacle qui est actuellement offert aux usagers de la Porte d'Enfer (marcheurs, vacanciers et touristes), en ce mois d'avril 2022, est récurrent, depuis que le phénomène a débuté, en 2011.
Dès lors que les radeaux d'algues brunes s'engouffrent dans ce cul-de-sac-marin très étroit, d'un peu plus d'une centaine de mètres de profondeur, même le ressac de la mer ne peut les retirer.
Il faut une intervention humaine, pour les évacuer.

La plage est méconnaissable, masquée par un amas important de sargasses - avril 2022.
La plage est méconnaissable, masquée par un amas important de sargasses - avril 2022. ©Nadine Fadel

Les algues s'amoncèlent sur toute la longueur du cul-de-sac de la Porte d'Enfer - avril 2022.
Les algues s'amoncèlent sur toute la longueur du cul-de-sac de la Porte d'Enfer - avril 2022. ©Nadine Fadel

Seulement voilà, la tâche apparait colossale, au regard des tonnes de sargasses qui s'amoncèlent sur la vaste étendue de l'impasse. D'autant plus que d'autres bancs arriveront encore, ces jours prochains.

Sur place, durant la semaine de Pâques, un homme a tenté de faire reculer la vague de sargasses, sur la plage ; seul, à l'aide d'une pelle manuelle et d'un petit tracteur.

Selon le maire d'Anse-Bertrand, Edouard Delta, "C'est une initiative personnelle des gérants du restaurant" installé à l'entrée du site, en bordure de route. Une structure économique qui subit de plein fouet les effets néfastes des algues (nuisances visuelles, olfactive...).

Une initiative presque vaine, pour ramasser les sargasses, à la porte d'Enfer - avril 2022.
Une initiative presque vaine, pour ramasser les sargasses, à la porte d'Enfer - avril 2022. ©Nadine Fadel

La tâche est colossale, pour ramasser les sargasses à la Porte d'Enfer - avril 2022.
La tâche est colossale, pour ramasser les sargasses à la Porte d'Enfer - avril 2022. ©Nadine Fadel

A la Porte d'Enfer, seule une langue de sable paraît encore, la mer est entièrement recouverte de sargasses - avril 2022.
A la Porte d'Enfer, seule une langue de sable paraît encore, la mer est entièrement recouverte de sargasses - avril 2022. ©Nadine Fadel

A Anse-Bertrand, l'anse Pistolet, moins fréquentée, subie le même sort que la Porte d'Enfer.

Des solutions qui tardent à être mises en œuvre

La municipalité est dépassée. Elle reste dans l'attente d'un "kit sargasse" financé à hauteur de 80% par l'Etat, par l'intermédiaire de la préfecture. De tout le matériel commandé, seul un camion a été livré, à ce jour. Le reste devrait suivre, "dans les mois à venir", selon le maire d'Anse-Bertrand ; il devrait s'agir d'un tractopelle, d'un tracteur et d'une cribleuse.

Un appel d'offre a été lancé et il a déjà abouti à la désignation des entreprises qui œuvreront sur les chantiers de ramassage, pour le compte de la commune, en lien avec l'Office national des forêts (ONF).

Un site de stockage et de séchage des sargasses a été également choisi.

L'idéal serait de les valoriser. Je sais qu'il y a une entreprise qui cherche à créer une unité de production d'électricité et je pense que ce serait bienvenu. Sur le plan purement théorique, il y a une solution (...), qui consisterait à brûler les algues séchées et à tirer de cela de l'énergie électrique à redistribuer sur le réseau.

Edouard Delta, maire d'Anse-Bertrand

En attendant, c'est la Communauté d'agglomération du Nord Grande-Terre (CANGT) qui doit procéder au retrait des algues. Là aussi, un marché a été passé avec des entreprises déjà équipées.
Et justement, des interventions sont prévues "assez rapidement", à Anse-Bertrand, mais aussi à Moule, selon le président de la CANGT, Jean Bardail.

J'ai vu avec le directeur général des services, ce matin [25 avril 2022]. Donc on est en train de tout mettre en œuvre, pour intervenir à Moule et à Anse-Bertrand. Même s'il y a un marché, il y a toujours un coût supplémentaire, parce que peut-être qu'on aura besoin de bennes, de transports, etc. Je pense qu'il faudra des interventions permanentes, si on veut aboutir à un résultat. L'envahissement est très important, cette fois.

Jean Bardail, président de la Communauté d'agglomération du Nord Grande-Terre

Quant à la partie traitement et valorisation des algues ramassées et stockées, Jean Bardail regrette que les bonnes idées évoquées lors du grand colloque international sur les algues sargasses d'octobre 2019 n'aient pas été suivies d'effets...

Les sargasses s'engouffrent dans le profond cul-de-sac de la Porte d'Enfer - avril 2022.
Les sargasses s'engouffrent dans le profond cul-de-sac de la Porte d'Enfer - avril 2022. ©Daniel Fadel

VOIR AUSSI : 

©Guadeloupe