La sucrerie de Marie-Galante à l’arrêt ; les planteurs réagissent

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Campagne sucrière à Marie-Galante
©M.M. Ponet

L’usine de Grande-Anse, qui a lancé, mardi 13 avril, le broyage des cannes pour la campagne 2021, est à l’arrêt depuis mercredi, à cause d’une grosse avarie sur la chaudière. La récolte est suspendue et des cannes déjà coupées attendent au champ.

A peine démarrée, déjà arrêtée… La campagne sucrière 2021 à Marie-Galante, commencée lundi 12 avril, avec la réception des premières cannes par l’usine de Grande-Anse, est stoppée depuis mercredi. Moins de 24 heures après avoir lancé ses moulins, l’usine de Grande Anse a dû faire face à une panne importante sur la chaudière, qui avait pourtant été remise en état durant l’intercampagne, avec plus d’un million d’euros d’investissement.

La direction, qui évoque un « dysfonctionnement technique », a prévu, ce vendredi, une expertise de cette chaudière, qui fournit l’électricité et la vapeur nécessaires au fonctionnement de l’outil industriel… Elle doit permettre d’évaluer la durée de la réparation.

Des cannes en attente et des pertes de revenus

En attendent, la récolte est donc suspendue. D’où l’inquiétude des planteurs. L’Intersyndicale agricole de Marie-Galante, qui regroupe trois organisations (S.I.E.A., M.A.S. et les J.A.) a interpellé le jeudi 15 avril le directeur d’usine de la SRMG (Sucrerie Rhumerie de Marie-Galante). Elle y évoque « une situation catastrophique », qui « provoque de fortes pertes de revenus à l’ensemble des acteurs de la campagne sucrière 2021 ». « De nombreuses tonnes de cannes sont coupées dans les champs, sans possibilité de livraison ; ce qui engendre une perte de poids et de richesse sucrière », déplore le porte-parole de l’intersyndicale, Guy-Henri Vingataramin.

Revendications adressées à l’usine

Afin de compenser les pertes liées à cette panne, les syndicats agricoles demandent la tenue urgente d’une commission mixte de bassin (regroupant usinier, planteurs et opérateurs de coupe), qui devra « prendre des décisions pour la poursuite de la campagne ».

Ils réclament aussi « le ramassage de toutes les cannes coupées, afin de libérer les champs ; la pesée et le paiement de toutes ces cannes au taux de richesse saccharine moyen des premières livraisons (des lundi et mardi 12 et 13 avril) ; et enfin le broyage de toutes les cannes de la saison 2021 et le paiement des pertes de richesse ». Les planteurs ne veulent donc pas faire les frais de ces jours d’arrêt, dont ils ne connaissent pas le terme, et qui s’ajoutent au démarrage tardif de la campagne 2021.