Le CHU de la Guadeloupe dénonce la violente agression de son directeur, Gérard Cotellon

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Gérard Cotellon directeur du CHU GUADELOUPE
Gérard Cotellon, directeur du CHU Guadeloupe : « Pour avoir travailler en Cardiologie, c’est un dispositif novateur et ça marche ne serait ce que pour donner l’alerte »
Le directeur du CHU de Guadeloupe frappé et les vêtements de son adjoint arrachés. Après avoir été séquestrés durant plusieurs heures dans leurs bureaux, Gérard Cotellon et Cédric Zolezzi ont été agressés, par des militants anti-obligation vaccinale, lors de leur exfiltration par la police.

Une nouvelle escalade de violence intolérable et condamnable a été franchie, ce mardi 4 janvier 2022, par les manifestants contre l’obligation vaccinale, mobilisés au CHU de la Guadeloupe.

Communiqué du CHU de la Guadeloupe - 04/01/2022

Dans le communiqué produit durant la nuit de mardi 4 à mercredi 5 janvier 2022, le service communication du Centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe fait référence aux coups reçus par Gérard Cotellon, directeur général de l'établissement de santé, alors qu'il était exfiltré du bâtiment administratif qui accueille son bureau, quelques heures plus tôt.

Des fonctionnaires agressés

Gérard Cotellon et plusieurs de ses collaborateurs étaient enfermés, depuis la fin de matinée, dans l'édifice, dont les accès étaient bloqués par "une cinquantaine de manifestants postés" sur place.
Et, au moment où ils ont tenté de sortir, escortés par la police, le directeur "a reçu des coups de pieds aux cotes et un violent coup de tête qui l’a à demi assommé", explique le CHU. Le haut fonctionnaire dit avoir perdu connaissance, durant quelques secondes, après avoir reçu un coup à la tête.
"Quant au directeur général adjoint, Cédric Zolezzi, escorté difficilement vers une voiture de police, il a vu ses vêtements arrachés et déchirés et le véhicule de police qui l’exfiltrait pris pour cible", complète le communiqué.
Les deux hommes ont aussi reçu des jets d'urine.

Par ailleurs, les manifestants auraient "gravement endommagé le véhicule d’une assistante de direction", toujours selon le CHU.

Face à ces débordements inqualifiables, c’est toute la communauté hospitalière qui s’indigne et condamne fermement ces méthodes de violences et d’intimidation, employées par une poignée d’individus, dans cet établissement où 95% des personnels répondent à l’obligation vaccinale.

Communiqué du CHU de la Guadeloupe - 04/01/2022

Sur place, les tensions ont été vives, tout au long de la journée.
Alors que la majorité des leaders du Collectif d'organisations en lutte contre l'obligation vaccinale et contre le pass sanitaire était en conférence de presse, à Dothémare, l'Union des travailleurs de la santé (UTS-UGTG) a organisé le siège de la direction générale du CHU. Les militants s'y sont installés dès 11h30. Dès lors, les membres de la direction étaient séquestrés à l'intérieur. A l'extérieur, l'ambiance était relativement sereine, même si les personnes mobilisées avaient la ferme intention de ne pas bouger, avant satisfaction.

Gérard Cotellon était l'invité de l'édition radio de 6h00, sur Guadeloupe La 1ère. Interrogé par Gilbert Pincemail, le directeur général du CHU de la Guadeloupe affirme être toujours mobilisé, pour permettre le bon fonctionnement de l'hôpital, malgré les menaces de mort et les agressions. 

Interview complète de Gérard Cotellon, directeur général du CHU de la Guadeloupe

Le CHU a maintes fois dénoncé les violences subies par les personnels de l'hôpital non-grévistes, les actes d'intimidation, ainsi que les dégradations commises, tant sur les biens de l'hôpital que sur ceux, personnels, des acteurs de l'établissement.


L'UTS-UGTG justifie ses actions

Guadeloupe La 1ère a aussi joint Gaby Clavier, ce mercredi matin.
Le secrétaire général de l'UTS-UGTG-CHUG estime que c'est la direction du CHU qui fait preuve de violence, envers les personnels non vaccinés, notamment en ne les recevant pas, malgré les demandes de rencontre formulées.

Gaby Clavier, secrétaire général de l'UTS-UGTG-CHUG, interviewé par Olivier Lancien

Le responsable syndical expliquait, sur notre antenne télé, mardi à 13h00, que lui et les autres grévistes étaient venus chercher "leur argent", après les retenues sur salaire effectuées au détriment des employés suspendus, pour non-respect de la loi du 5 août 2021, instaurant l'obligation vaccinale.

 

La classe politique dénonce

Ce mercredi matin, plusieurs voix se sont élevées unanimement, suite à l'agression du directeur du CHU et de son adjoint.

Le Président de la Région Guadeloupe, Ary Chalus et l'ensemble des élus régionaux condamnent cette agression et rappellent que "les libertés individuelles s'accompagnent toujours de responsabilités individuelles, envers autrui". Ils renouvellent ainsi tout leur soutien et leur solidarité aux deux dirigeants, ainsi qu'à l'ensemble de la communauté hospitalière.

Même tonalité du côté des élus régionaux du groupe Péyi Gwadloup. Pour eux, "aucune cause ne justifie une telle escalade dans les violences, ni de s'attaquer à des fonctionnaires qui ont le devoir d'appliquer la loi".

De son côté, le député Olivier Serva, qui apporte aussi son soutien à Gérard Cotellon, affirme que "la précarité liée à la suspension des salaires du personnel du CHUG doit être prise en compte, mais la violence envers la direction n’est pas la solution’".

La députée Justine Bénin a aussi réagi, ce matin, via son compte Twitter, par ces mots : "Soutien total au DG du CHU de la Guadeloupe et au DGA, violentés, hier, dans leurs bureaux à l’hôpital. Ces actes sont intolérables et perturbent dangereusement le fonctionnement du CHU, alors que Omicron contamine massivement nos concitoyens. La violence ne règle rien !".

Pour Victoire Jasmin, "rien ne justifie de tels actes". "C’est vraiment triste de constater que des adultes sont capables de ces actes inqualifiables, inquiétants et dangereux, au sein d’un établissement public de santé. Le Directeur Général du CHU est un fonctionnaire qui est dans son rôle", a ajouté la sénatrice.

Outre les élus, la directrice générale de l'Agence régionale de santé (ARS) soutien aussi, bien entendu, Gérard Cotellon. Valérie Denux affirme que des personnels qui agissent comme cela "ne peuvent pas se qualifier de personnels de santé". "Il y a des droits, mais aussi des obligations", poursuit t-elle. Sur les pertes de salaires, elle ajoute que le dialogue a été proposé, pour comprendre les freins à la vaccination. Des aides financières auraient aussi été proposées, tout comme un accompagnement professionnel. Pour ceux qui refusent l'obligation vaccinale, "il faut tourner la page de leur exercice professionnel au sein de la santé", conclut Valérie Denux.

Côté gouvernement, le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, estime que "Les violences dont a été victime le directeur du CHU de Guadeloupe, hier soir, sont intolérables" et que "rien ne saura justifier les actes d’une minorité agissante, face au courage de Gérard Cotellon, qui est mobilisé, avec ses équipes, pour protéger la santé des Guadeloupéens".
Son homologue de la Santé, Olivier Véran, parle d'acte "inacceptable". "Une idéologie ne justifiera jamais qu'un groupe d’individus séquestre et frappe un directeur d’hôpital, qui se bat sans relâche, depuis des mois, pour sauver nos concitoyens. Total soutien à Gérard Cotellon", ajoute-t-il.