Le scandale écologique de Belle-Plaine, lieu d'une casse sauvage récemment incendiée

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voitures calcinées
©P. Romain
En août dernier, Cédric Cornet entouré de professionnels du traitement de déchets lourds, montrait sur ses réseaux sociaux, l’étendue de la casse-sauvage de Belle-Plaine. Deux heures après la captation, un incendie gigantesque ravageait les lieux. La mairie du Gosier a saisi la justice.
 
Près de deux semaines après l’incendie et malgré une pluie battante, le cimetière de carcasses de véhicules hors d’usage (VHU) exhale encore une odeur de caoutchouc brûlé. Tout autour, les silhouettes fantomatiques d’arbres à pain et de manguiers donnent une idée de l’intensité du feu. Le maire du Gosier, Cédric Cornet pose un œil agacé sur ce spectacle. "Nous sommes dans une zone extrêmement sensible, sur une zone lacustre entourée de biodiversité. C’est une catastrophe. Nous avons saisi la justice et suite à notre réunion avec le Préfet et le Procureur, nous avons des éléments d’accusations forts contre ceux qui ont fait ça." martèle l’édile. Et pour cause, avant la catastrophe, la mairie, entourée de la COPAME, entreprise de collecte et de transfert des déchets dangereux et d’Antilles Environnement Recyclage (A.E.R), détaillait son plan de déblayage et de réhabilitation de la zone. Depuis, en raison des poursuites judiciaires, les opérations sont fortement ralenties.

 

Une opération délicate

Ce sont près de 500 VHU disséminés sur un foncier appartenant à l’Etat qu’il faut sortir d’une quasi-impasse située dans une zone résidentielle. "Cette opération demande une logistique et une technicité énorme. Pour la 1ère phase seule, il nous faut au moins 10 camions, des moyens humains et des objets de chantiers lourds" détaille Jean-Yves Ramassamy, responsable de la COPAM. En plus des VHU, le site fourmille de petits objets mécaniques abandonnés ou tombés des carcasses.
 

Des carcasses envoyées en Europe

Les carcasses acheminées sur le site de A.E.R dans la zone de Jaula à Lamentin seront compactées par des cisailles et transformées en blocs. Grâce à un dispositif FEDER, elles seront renvoyées vers l’Europe pour le recyclage. "Nous avons un process précis pour ce type d’intervention. Evidemment, pour le coup, nous aurons surtout des déchets métalliques, puisque les plastiques, et les liquides dangereux ont été éliminés par le feu." explique Ludovic Fiers A.E.R. Les voitures partent mais la pollution qu’elles ont produite, elle, reste.
Voiturezs calcinées
©P. Romain
Pour cela, la mairie espère estimer les dommages. Elle se fait aussi accompagner par des professionnels. Cédric Cornet a bon espoir de réhabiliter le site, pour en faire un symbole du recyclage. "Nous espérons dépolluer puis implanter une ressourcerie ou une déchèterie de manière à ce que le site ne reste pas vite et de fait la proie des pollueurs." Malgré les ralentissements judiciaires, les premiers enlèvements devraient se faire dès la fin du mois de septembre.
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