Les réductions budgétaires de l’administration Trump dans la recherche climatique vont impacter les Antilles

Image satellite de l'ouragan Sam (27 septembre 2021).
Le désengagement du gouvernement américain de Donald Trump dans la recherche climatique n’est pas sans conséquence sur les réseaux d’alerte aux catastrophes. Les restrictions budgétaires en cours menacent le bon fonctionnement des systèmes d’alertes aux risques de tsunami et de cyclones selon certains experts scientifiques d’autant que la Guadeloupe et la Martinique doivent faire face à des phénomènes de plus en plus réguliers dans la zone.

Les signaux envoyés par le gouvernement américain sont plus qu’inquiétants. À commencer par la vague de licenciements qui touche l'agence américaine chargée des prévisions météorologiques, de l'analyse du climat et de la conservation marine, la célèbre NOAA. Une agence qui a connu, depuis le mois dernier, une cure d’amaigrissement sans précédent.

Depuis que l’administration Trump a déclaré la guerre à la recherche sur le changement climatique, les conséquences sont lourdes : des centaines de scientifiques ont perdu leur emploi, notifiés par un e-mail générique, comme le souligne un article du Monde paru début mars.

Quant à la collaboration et aux échanges qui existaient depuis des décennies sur la surveillance de l’océan avec l’Institut français de recherche sur l'océan, ils se sont purement et simplement arrêtés. Les scientifiques américains sont, depuis la mi-février, aux abonnés absents, selon France Info.

Chez nous, les autorités locales s’efforcent de développer la culture du risque et de renforcer leurs dispositifs d’alerte. Parmi eux, le système FR-Alert, déployé depuis 2022, permet de prévenir en temps réel les détenteurs de téléphones portables en cas de danger. Ou encore la participation, chaque année, de notre archipel à l’exercice Caribe Wave, une simulation annuelle visant à tester les capacités de réaction face à un séisme suivi d’un tsunami.

Il existe aussi des initiatives locales privées comme le réseau alternatif Makerspace, fondé par le Guadeloupéen Cédric Coco-Viloin, destiné à compléter les organismes étatiques. Mais quoi qu’il en soit, face à cette nouvelle donne, ces moyens restent insuffisants.

Devant cette prise de position contre la science du climat perpétrée par l’administration américaine, la communauté scientifique a toutes les raisons d’être préoccupée, puisqu’elle dépend du système d’alerte américain.

La coopération régionale et internationale est plus que jamais nécessaire pour prévenir et préparer les populations aux catastrophes naturelles à venir, de plus en plus intenses.