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La population guadeloupéenne presqu'entièrement contaminée par le chlordécone

5% de la population, soit 20 000 Guadeloupéens, présentent des taux d’imprégnation extrêmement élevés. Les derniers résultats des études menées confirment l’ampleur de la contamination par le chlordécone.
 

© Martinique la 1ère
© Martinique la 1ère
  • Sébastien Gilles
  • Publié le , mis à jour le
Il y a des signes qui ne trompent pas et les millions d’Euros déversés par les gouvernements successifs depuis le début de la crise dans les différents plans CHLORDECONE ne suffiront à couvrir ce scandale sanitaire ni a se racheter une conduite…   Et l’un des ces signes nous vient de la plus haute autorité de la santé publique en France.

Avant d’être dévoilée en Octobre prochain, les résultats de l’étude KANNARI continuent de nous être distillés, goûte à goûte, sans doute pour faciliter leur digestion. Cette étude croise les prélèvements sanguins des personnes qui y ont participé à leurs habitudes alimentaires ;
En juin nous apprenions donc que 95% des Guadeloupéens étaient contaminés par le pesticide.
Hier, à l’occasion du passage aux Antilles du Professeur François Bourdillon, Directeur général de la Santé Publique, qui a participé au comité de pilotage du plan  Chlordécone 3 en Martinique Mardi, on a découvert que 5% de la population présente des taux d’imprégnation  extrêmement élevés. 20 000 Guadeloupéens donc, et les pêcheurs, comme les ouvriers de la banane, sont en 1ère ligne. 

Professeur François Bourdillon Directeur général de la Santé Publique

François Bourdillon, Directeur général de Santé Publique nous avoue donc que, ni depuis la fin des années 90 et la révélation du scandale, ni même 2014 et le début de l’étude KANNARI, l’état français n’a trouvé bon de faire l’acquisition du matériel  pour évaluer les taux d’imprégnation de la Chlordécone aux Antilles et de son petit million d’habitant.
Grace aux Belges, on sait donc que 95% de la population est contaminée et que 5% d’entre elle présente des taux particulièrement élevé ; certainement au dessus du micro gramme par litre de sang qui constitue selon le professeur Luc Multigner, le seuil au-delà duquel la probabilité de déclencher un cancer de la prostate est multipliée par 1,8.  Un facteur de risque supplémentaire… ou sacrifice supplémentaire  en lisant entre les lignes, François Bourdillon

François Bourdillon, Directeur général de Santé Publique

Reste que la population ne l’entend pas de cette oreille et l’a fait savoir au  patron de la santé publique a travers des échanges hier. D’autre études devraient être menés dont une sur les travailleurs de la banane déjà bien avancée.


 

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