Sébastien Lecornu annonce le plan chlordécone 4... mais le dossier judiciaire stagne

chlordécone
champs de banane en terre de chlordécone
Le Ministre des Outre-mer annoncé le Plan chlordécone 4, tenant compte des 42 propositions de la commission d'enquête présidée par Serge Letchimy, d'ici la fin d'année. En revanche, rappelle Me Harry Durimel, dans une lettre au Garde des sceaux, le dossier judicaire stagne, après 14 ans de procédure

Plan chlordécone 4 : "dès cette fin d'année"

A défaut d'aboutissement dans le volet judiciaire, y aurait-il un rebondissement, quant à la reconnaissance et l'accompagnement des victimes, suite à l'empoisonnement de l'environnement et des populations de Guadeloupe et de Martinique, par la molécule Chlordécone ?
Cet insecticide organochloré toxique, écotoxique et persistant a été utilisé, en partie avec l'autorisation de l'Etat français, par les groupements bananiers, pour lutter contre un nuisible, le charançon, qui infestait leurs champs. Cela, durant des décennies, alors qu'il était interdit, de longue date, partout ailleurs, y compris sur le territoire national. Ses effets néfastes étaient connus de tous.

Alors que la procédure judiciaire s'éternise, donc, mardi 22 septembre 2020, lors de la séance de questions au Gouvernement, la députée de Martinique, Josette Manin, a interpelé le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu. L'élue martiniquaise a rappelé que les 42 propositions issues de la commission d'enquête présidée par Serge Letchimy ne sont toujours pas mises en place. Réponse de l'interrogé :

Les délais seront tenus.

Sébastien Lecornu fait référence à la mise en place du "plan chlordécone 4" et s'est engagé à les mettre en place rapidement.
Retour sur cet échange :
©Outre-mer La 1ère


Zoom sur l'enquête

Qu'en est-il du volet judiciaire ?
Suite à une expertise demandée, il y a deux ans, dans le cadre du procès du chlordecone, un rapport a été rendu, cette semaine. Il a été rédigé par deux chercheurs et visaient, d'une part, à établir les conditions de l'importation du pesticide et, par ailleurs, à savoir s'il s'agissait de la seule option possible à l'époque. L'étude mentionne explicitement le caractère cancérigène du chlordecone, ce qui est une première dans un document juridique.
Un procès semble enfin possible, après plusieurs plaintes, 14 années de procédures et un dossier qui traine...
A (re)voir le reportage d'Edillia Eugène Mormin et Marc Balssa (Interview : Louis Boutrin, avocat - Martinique - 27 septembre 2018) :
©Martinique La 1ère

Dans un courrier daté du 23 septembre 2020, adressé au Ministre de la Justice, l'avocat guadeloupéen Harry Durimel dénonce, en sa qualité de conseil de l'Union régionale des consommateurs de la Guadeloupe et de l'Union des producteurs de Guadeloupe, l' "enlisement de la plainte dans l'affaire du chlordécone".
Leur plainte, pour mise en danger d'autrui et administration de substances nuisibles, remonte au 24 février 2006.
 

14 ans après le dépôt de la plainte, avec constitution de partie civile et 2 ans après les dernières investigations approfondies, réalisées par les gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé, le dossier n'avance pas (...) D'aucun affirment que cette inertie augure d'une volonté de l'Etat français de se départir de toute responsabilité.

Me Harry Jawad Durimel, avocat

Voici l'intégralité de cette missive :
Lettre de Me Durimel 1
Lettre de Me Durimel 2

Reste à attendre une réponse. Mais attendre, les Guadeloupéens et les Martiniquais en ont l'habitude...

 
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