Un électrochoc pour ranimer le Centre des Arts et de la Culture de Pointe-à-Pître

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CDAC 1
©B. Pansiot-Villon
Lundi soir, le centre des Arts et de la Culture de Pointe-à-Pitre a été sorti de sa torpeur par le coup d’éclat d’un collectif d’artistes. Ils ont investi le chantier du site pour alerter et demander des comptes aux institutions quant à sa fermeture pour travaux, depuis 2008.

Cette action qui a rassemblé une large population a remis sur le devant de la scène un dossier qui s’enlise tant sur le plan financier que sur le plan de la rénovation du bâtiment.

Thiex, ingénieur du son. Membre du collectif "Rézistans"


Ce haut lieu de la culture guadeloupéenne est fermé depuis 13 ans maintenant et nul n’est capable de prédire la date de sa réouverture. Peu à peu, il semble être devenu un bâtiment fantôme au cœur de la ville.

Sur le papier, le projet donnait envie de patienter quelques années ! En 2008, la décision est prise de fermer le Centre des Arts pour rénovation et extension du bâtiment. Le projet retenu prévoit un espace ouvert sur la ville et équipé d’une cafétéria, d’un restaurant, de salles d’enregistrement, d’une grande salle polyvalente et de deux petites salles pluridisciplinaires… Pour une surface totale de 7000m2….
Oui mais voilà, 13 ans plus tard rien de tout cela n’est réel et le bâtiment conçu en 1975 par Jean le Couteur trône telle une verrue en plein cœur de la ville. En partie démoli, les travaux sont à l’arrêt depuis plusieurs années. Le budget initial du projet est passé de 16 à 39millions d’euros et aujourd’hui ce n’est plus la ville mais la communauté d’agglo Cap Excellence qui en a la charge.

Depuis 2011, le projet est à l’arrêt, selon les mots du président de Cap excellence, en raison de défaillances d’entreprises attributaires. On parlerait de faillites de certaines entreprises, d’utilisation de mauvais matériaux ou encore de  surcoûts engagés par certaines opérations.

VOIR : 2020, l'an 1 du nouveau Centre des arts et de la Culture

Initialement prévu en 2015, la livraison du Centre des arts et de la culture de Pointe-à-Pitre paraît incertaine. Le maire de la ville en appelle à la responsabilité de tous les partenaires et n’exclue pas de faire appel à des investisseurs privés.
Du coté de Cap Ex, on assure que la recherche de financements complémentaires est en cours auprès de l’Etat, la Région Guadeloupe et l’Europe. Promesse est faite que les travaux pourraient reprendre  dans les prochains mois. Mais c’est bien connu, les promesses n’engagent que ceux qui y croient.