Un entraîneur d'athlétisme condamné en appel pour agressions sexuelles sur mineure

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Piste d'athlétisme
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Rod Dabriou, coach sportif et entraîneur dans un club d'athlétisme, a été condamné à 36 mois de prison, dont 18 avec sursis pour agressions sexuelles sur mineure, par la cour d'appel. Il devra également être inscrit au fichier des délinquants sexuels. 

C'est une affaire qui débute en 2016... En août de cette année là, une jeune mineure, âgée de 17 ans, porte plaine contre son entraîneur au sein du Monster Club Athlé. Elle l’accuse d’avoir profité de sa présence chez lui pour lui faire subir des attouchements sexuels qui sont allés très loin jusqu'à la plaquer au sol pour poursuivre son agression.

Condamné en première instance à 4 ans de prison dont 2 de sursis

Suite à cette plainte, l'homme bien connu dans le milieu sportif, et au delà, était placé en garde vue. Trois ans plus tard, en octobre 2019, Rod Dabriou était condamné, par le tribunal de Pointe-à-Pitre à 4 années d'emprisonnement, assortis de 2 ans de sursis, reconnu coupable d'agressions sexuelles par une personne ayant autorité. 

L'entraîneur a fait appel de la décision. Et restait donc présumé innocent.
Dans un article de Médiapart, journal d'investigation, indiquait en décembre 2019 que "durant les deux années qu’a duré l’enquête judiciaire, aucune mesure préventive" n’avait été prise à l'encontre de Rod Dabriou.
A cette époque, la Fédération française d'athlétisme, interrogée par le site web d'investigation Disclose, indiquait qu'aucune "information sur cette affaire" n’était "remontée au niveau fédéral et aucune saisine de la commission de discipline" n’avait été faite. Concernant l’absence de mesures prises alors que le coach sportif était mis en examen, la FFA précisait "qu’une mise en examen était différente d’une condamnation".

Une affaire douloureuse pour la victime

La décision de la cour d'appel est finalement tombée... Rod Dabriou est condamné à 36 mois de prison, assortis de 18 mois de sursis. Il sera inscrit sur le fichier des délinquants sexuels et devra indemniser la victime. 

Pour Sarah Aristide, avocate de la partie civile, c'est l'épiloque d'une "affaire extrêmement douloureuse... La Chambre des appels correctionnels a entendu la parole de cette victime et a reconnu Rod Dabriou coupable". Pour elle, le plus important était que la victime soit crue...

Sarah Aristide, avocate de la partie civile, interrogée par Ronan Ponnet

 

"C'est une erreur judiciaire" pour l'avocat de Rod Dabriou

Du côté des avocats de Rod Dabriou, c'est l'incompréhension. Pour eux, le doute aurait dû bénéficier à leur client. Ils estiment que le dossier était "vide", aucune preuve ne venant accabler l'entraîneur. Maître Jim Michel-Gabriel ne mâche pas ses mots et affirme qu'il s'agit là d'une "erreur judiciaire". 
D'où sa décision de se pourvoir en Cassation.

Maître Jim Michel-Gabriel, avocat de Rod Dabriou, interrogé par Colette Borda