La colère d'une mère verbalisée pour avoir promené son fils autiste durant le couvre-feu

Une mère de famille a été verbalisée par les gendarmes pour être sortie de son domicile et permettre à son fils autiste de s’aérer. Selon elle, les forces de l’ordre n’ont rien voulu savoir. Elle exprime sa colère car des dispositions prévues par le gouvernement permettent ces sorties.
Le coup de gueule d’une mère de famille. Lydia*, mère de Nathan*, un petit garçon de 10 ans, souffrant d’autisme ne décolère pas. En raison de sa condition, il lui faut régulièrement sortir. Des sorties autorisées par les services de l’Etat, en cette période de confinement. Car cette interdiction de sortir de chez soi peut être plus difficile à vivre pour les autistes et leurs parents. 
 

Une sortie pour apaiser son fils 

Samedi 11 avril, Lydia a dû sortir, pour faire une ballade avec son fils, Nathan, en tenant compte de ses repères. Sauf qu’elle a été contrôlée et verbalisée par les gendarmes à Sainte-Rose, en route vers Pointe-Noire. La jeune femme habite au Lamentin.
Les forces de l’ordre n'ont, selon elle, rien voulu entendre.

Son témoignage recueilli par Colette Borda : 

Lydia

Elle dénonce le manque d'informations des forces de l'ordre :

Lydia


 

Des assouplissements de déplacements prévus par le gouvernement 

Le 2 avril, à l’occasion de la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, un aménagement des sorties a été annoncé par le Président de la République. Un aménagement qui concerne les personnes autistes, avec un trouble du développement intellectuel, TDAH, ou en situation de handicap psychique. Elles peuvent "se rendre sur des lieux habituellement fréquentés, porteurs de repères rassurants", "avec leurs aidants" a indiqué l'Elysée.
Les forces de l’ordre ont reçu, en principe, des instructions pour permettre aux personnes concernées de bénéficier d’un assouplissement de leurs déplacements. 
Des aménagements sous certaines conditions. Si l’attestation de déplacement dérogatoire ne change pas elle devra néanmoins être accompagnée d’un certificat médical ou d’une attestation de la MDPH en cas de contrôle. Il conviendra ensuite de cocher la 5e case de l’attestation dérogatoire stipulant les déplacements brefs.
Des déplacements autorisés tout en respectant les gestes barrières.
Il y a même sur le site du secrétariat d'Etat chargé des personnes handicapées une attestation simplifiée, à destination des personnes en situation de handicap. 

La Délégation interministérielle à la stratégie nationale pour l’autisme au sein des troubles du neuro-développement a publié un guide pour accompagner les parents d'enfants autistes durant le confinement

* Les prénoms ont été modifiés