Une découverte scientifique pourrait sauver le corail menacé des Caraïbes

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Corail corne d’élan (Acropora palmata)
Le corail corne d’élan (Acropora palmata) est une espèce menacée ©Nick Hobgood
C'est une découverte majeure réalisée par des scientifiques de l'aquarium de Floride. Ils ont réussi à reproduire le corail corne d'élan, le plus répandu dans la Caraïbe, notamment en Guadeloupe. Une espèce menacée.

Pour la première fois, des biologistes marins ont reproduit avec succès le corail corne d'élan, une espèce formant les récifs de coraux des Caraïbes. 

Une prouesse scientifique

C'est une avancée importante qui pourrait aider à revitaliser les écosystèmes de la région.

De plus, les récifs offrent une barrière de protection durant les ouragans en préservant les littoraux du déferlement des vagues. Ce sont également des refuges pour les poissons et d'autres espèces. 

Auparavant la corne d'élan, semblable à des bois d'élan, était le corail le plus répandu dans les eaux des Caraïbes. Son état s'est considérablement dégradé ces dernières années. Depuis 2006, c'est même une espèce protégée, car menacée.

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Pourtant, le corail corne d'élan est une espèce essentielle car ces coraux sont la base des récifs en formation. D'ordinaire, ils ne se développent pas en aquarium d'où la joie des scientifiques de l'aquarium de Floride.

Le corail corne d’élan a une structure complexe avec de nombreuses grandes branches qui forment un habitat privilégié pour divers habitants des récifs comme les homards ou les poissons perroquets. Les colonies de corail à cornes d’élan croissent incroyablement vite (5 à 10 cm par an) et peuvent atteindre un diamètre de 3,50 mètres. Sa couleur varie du marron au brun-jaunâtre. Elle résulte d’une symbiose avec une zooxanthelle (une algue) qui vit à l’intérieur des tissus de ce corail. Cette algue réalise la photosynthèse et pourvoie le corail en nutriments.

C'est une première étape pour prévenir l'extinction du corail corne d'élan, a expliqué Keri O'Neil, responsable du laboratoire de Tampa. 

C'est la 14e espèce de corail reproduite dans ce laboratoire, mais définitivement la plus importante pour l'équipe de scientifiques. 

Selon Keri O'Neil, plusieurs centaines de larves de corail sont nées de l'expérience. Elle espère qu'au moins 100 atteindront l'âge adulte. 

Dans la nature, la naissance de larves de coraux est un spectacle grandiose. 

A admirer une ponte au large de Saint-Barthélemy, au mois d'août : 

Dans deux ans, les coraux nés en laboratoire seront plantés dans les récifs de Floride. 

Nous gagnons du temps... Nous gagnons du temps pour les récifs... Nous gagnons du temps pour les coraux. 

Keri O'Neil

Les coraux en danger

Une nécessité vitale car en 2019, un rapport de l'UNESCO indiquait que 20% des récifs coralliens de la planète étaient détruits. Aucune signe de rétablissement n'était observé. L'étude expliquait également que 24% des récifs étaient exposés à une menace similaire, liée aux activités humaines et 26% pourraient présenter un risque semblable à l'avenir.

Un constat alarmant qui laissait déjà penser que ces écosystèmes marins, les plus diversifiés au monde, pourraient disparaître avant la fin du siècle. 

Pour préserver ces environnements, l'aquarium de Floride espère mettre en place un programme de reproduction des coraux corne d'élan, capables de résister à des menaces telles la pollution, le réchauffement des océans et les maladies. 

Les scientifiques refusent d'être fatalistes et de s'avouer vaincus. Leurs récentes découvertes vont dans la bonne direction et pourraient constituer également un espoir pour les coraux autour de l'archipel guadeloupéen. 

Il y a de l'espoir pour les récifs coralliens. Nous ne devons pas perdre espoir. Tout n'est pas perdu.

Keri O'neil, responsable du laboratoire de l'aquarium de Floride