Une porte s'ouvre pour la réintégration des soignants suspendus. Les syndicats revendiquent toujours leur indemnisation.

Une information qui est publiée alors qu'en Guadeloupe une manifestation, notamment à propos du sort des soignants suspendus, se déroulait dans les rues de Pointe-à-Pître
C'est l'avis émis ce jour par la Haute Autorité de Santé ce jeudi qui ouvre désormais le champ du possible pour étudier une telle réintégration. L'ultime décision en la matière sera politique, celle du gouvernement, mais on sait qu'il se dit prêt à suivre l'avis de la HAS et se prépare à publier un décret en ce sens. Pour autant, il restera à déterminer les modalités d'une telle réintégration si elle était décidée.

Si elle rappelle la nécessité de la vaccination, la Haute Autorité de Santé souligne que estime que l'épidémie de Covid est à un niveau suffisamment faible aujourd'hui. elle prend aussi en compte les taux actuels de vaccination : plus de 86% des personnels soignants ont fait leur première dose de rappel dans les Ehpad et ils sont près de 89% chez les médecins libéraux. Un taux national jugé très élevé et qui est proche de celui de que l'on retrouve en Guadeloupe.

Cela parce que, depuis la loi du 5 août 2021, l'ensemble des soignants - et plus généralement toute personne travaillant en milieu hospitalier - doivent être vaccinés contre le Covid pour pouvoir exercer leur profession.

Dès la publication de l'avis de la Haute Autorité de Santé, le ministre de la Santé, François Braun a indiqué qu'il était prêt à suivre cette recommandation et de publier sans tarder un décret pour en faire un décision du gouvernement. 

Pour autant, une telle décision ne pose pas moins la question des conditions de  la réintégration des soignants non vaccinés, renvoyés des hôpitaux et des Ehpad pendant la pandémie. Selon le ministère de la Santé, sur le plan national ce sont un peu plus de 1 000 infirmiers qui sont concernés. La Fédération hospitalière de France parle, elle, de 4 000 personnes dont 500 infirmiers. En Guadeloupe, en fin septembre 2022 ils étaient 346 pour tous les professionnels de santé dont 150 pour le seul CHUG, souvent d'ailleurs des personnels non médicaux.

En Guadeloupe justement, les réactions à cette préconisation n'ont pas tardé. Le député Max Mathiasin s'est félicité de l’avis favorable de la HAS à la levée de l’obligation vaccinale contre la covid-19.

Pour le député Elie Califer, "Bien évidemment, nous ne pouvons que nous réjouir de ce nouvel avis : il s’agit là du dénouement des mobilisations de l’ensemble de nos territoires ultramarins."

Pour sa part, le député Olivier Serva a déclaré : " Cette annonce apparait comme la victoire du bon sens contre l’obstination politicienne. Elle apparait comme l’aboutissement du combat que nous menons de plus d’un an pour que justice soit rendue aux professionnels que nous applaudissions."


Le président du conseil régional Ary Chalus, salue la décision prise par la Haute
Autorité de Santé (HAS) préconisant la fin de l'obligation vaccinale pour les soignants.

Sur le piquet de grève devant le CHUG et dans les rues de Pointe-à-Pître où l'intersyndicale appelait à manifester ce jeudi matin sur ce thème mais aussi sur celui de la réforme des retraites ou encore la qualité de l'eau en Guadeloupe, les commentaires se faisaient sur un ton revendicatif.

MAITE MTOUMO SECRETAIRE GENERALE DE L UGTG ET GABY CLAVIER DELEGUE SYNDICAL UTS UGTG AU CHUG ©Guadeloupe

Rappelons enfin que pour la Haute Autorité de Santé, il convient de rappeler que 

"la levée d’une obligation vaccinale pour les professionnels ne remet pas en question l’intérêt de cette vaccination, que ce soit en milieu professionnel ou en population générale."

Haute Autorité du Santé