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Les garimpeiros d'Eau Claire victimes de la grippe et d'une gastro-entérite

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Maripasoula
Survol de Maripasoula ©guyane 1ère
Hier soir, l’Agence Régionale de Santé a fait savoir dans un communiqué que les garimpeiros malades souffrent d’un mélange de grippe et de gastro-entérite. Il n’y a pas de risque épidémique majeur.Treize malades sont au centre de santé de Maripasoula et onze à l’hôpital.
Tout est donc en train de rentrer dans l’ordre. On s’achemine vers un règlement de cette alerte sanitaire selon la préfecture.


Une situation sanitaire sous contrôle mais une population inquiète.

Un constat qui contraste avec l’inquiétude de la population sur place, à Maripasoula. Étrangement, c’est le silence radio du côté de la mairie, le maire Tobi Bala pourtant maintes fois sollicité ne répond pas. Finalement  le  conseiller municipal François Dekon, également 2ème Vice Président de la CCOG (Communauté de Communes de l'Ouest Guyanais) a apporté quelques précisions sur l’atmosphère qui règne dans la commune.
François Dekon a fait allusion à un mouvement d’humeur de la population. C’était hier en fin d’après-midi, une cinquantaine de personnes s'est opposée à la réquisition préfectorale du hall régional des sports, au bourg de Maripasoula  afin de permettre d'y loger d’autres garimpeiros  malades en provenance du site d'orpaillage illégal Eau Claire. Les habitants s’indignent du manque d’information sur place de la part des autorités.
La tentative de réquisition  abandonnée par les gendarmes, les 13 malades ont passé la nuit au centre de santé et finalement, le diagnostic – grippe et gastro-entérite – étant plutôt rassurant ces garimpeiros ont donc vocation à être reconduits à la frontière au fur et à mesure de leur guérison.
 

Des réactions politiques critiques et nombreuses

Depuis deux jours les déclarations politiques affluent sur cette affaire. Le Mouvement Walwari par la voix de son secrétaire général Joël Pied s'interroge : "sur l'efficacité des politiques de santé publique en Guyane et la capacité des établissements hospitaliers à répondre aux situations d'urgence épidémique". La Secrétaire Générale du Parti Socialiste Guyanais, Marie Josée Lalsie : "demande aux autorités de prendre les mesures nécessaires pour rassurer et protéger la population traumatisée par la situation sanitaire".La coordonatrice générale, Florencine Edouard de l'ONAG, l'Organisation des Nations Autochtones de Guyane estime que "l'état français est à la botte des garimpeiros". Elle met en parallèle les soins apportés aux clandestins et ceux refusés aux populations de l'intérieur. Quand au président de Région, Rodolphe Alexandre  : "... il s’étrangle de cette situation ubuesque, qui veut que nous nous trouvions dans l’obligation d’aller secourir et soigner ces personnes aux frais du contribuable (et à grands frais), afin, selon toute vraisemblance, de leur permettre de retourner piller notre sous-sol une fois la santé retrouvée.".