Les élus guyanais réagissent face aux propos du député Dupont-Aignan d'envoyer les djihadistes français à Cayenne

politique
Ruines du bagne
©Collège 3 de Saint-Laurent du Maroni
Le député Nicolas Dupont-Aignan propose de "rouvrir Cayenne" pour placer les djihadistes français sous un régime de peine d'exception. Les réactions indignées des élus guyanais n'ont pas tardé à affluer. La député Berthelot lui demande de présenter des excuses aux guyanais pour ses propos insultants
Le chef de file du mouvement "Debout le France" Nicolas Dupont -Aignan réclame un régime d'exception pour accueillir les jihadistes français. Interviewé ce matin sur Sud radio.  Le député a suggéré a suggéré la construction d'un centre de détention à Cayenne pour "isoler ces fous furieux".
Il ne parle pas de bagne mais associe  Cayenne à un régime spécifique peu honorable qui ramène bien à l'idée du bagne. Un système carcéral de sinistre mémoire qui n'honorait pas la France, pays des droits de l'homme.
Les réactions indignées des politiques n'ont pas tarder à pleuvoir.

Les élus protestent vigoureusement et réclament au député Aignan des excuses pour les guyanais

La députée Chantal Berthelot a rappelé que : "qu’en aucun cas, la Guyane et sa population sont des apatrides ou des Français de seconde zone. La Guyane est une région en devenir, qui se construit par le biais d’efforts, qui héberge en son sein la plus grande biodiversité de notre pays et qui permet aux citoyens français d’avoir accès à la technologie. C’est grâce à ces technologies que Nicolas DUPONT-AIGNAN aurait pu s’informer sur notre si belle région et son histoire." Elle a invité son collègue parlementaire à présenter ses "plates excuses" aux guyanais.

Le maire de Cayenne, Marie-Laiure Phinéra-Horth l'invite elle aussi à s'excuser pour de tels propos insultants à l'égard de la population et à faire des propositions de bon sens comme le rétablissement du service militaire obligatoire "afin de prévenir tout ambition de servir d'autres causes à caractère destructeur".

Le sénateur Antoine Karam et Gabriel Serville ont fait cause commune pour condamner ces propos et exiger des excuses au nom du peuple guyanais. Ils ont rappelé que telles affirmations renvoient aux heures sombres de l'histoire de France et font montre d'une vision passéiste et peu glorieuse de la France anti-républicaine

Le président de Région, Rodolphe Alexandre  répond à Nicolas Dupont-Aignan : "
qu’il peut d’ores et déjà faire une croix sur son projet fumeux, étant entendu que jamais les Guyanais ne tolèreront sa concrétisation. Et vu le caractère profondément méprisant de ses propos pour chacun des habitants de notre belle région, Rodolphe Alexandre le prévient de ne surtout jamais mettre les pieds en Guyane, étant entendu qu’il n’est désormais pas plus le bienvenu ici que les fameux djihadistes qu’il aurait tant aimé pouvoir nous refourguer".  
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