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Femmes guyanaises (5) : Emmanuelle Giffard

Dans le cadre de la journée mondiale de la femme le 8 mars prochain, nous vous proposons 7 portraits de femmes guyanaises qui dans leur domaine ont été des pionnières. Premières à avoir assumé des fonctions ou des métiers nouveaux participant ainsi à la valorisation de la femme en Guyane.

  • Aline Belfort
  • Publié le , mis à jour le
Emmanuelle Barthélémi-Giffard, première guyanaise cadre supérieur de laboratoire d'analyses biologiques et de transfusion sanguine à l'hôpital général de Cayenne
Emmanuelle Barthélémi naît en1943 à Saint-Laurent du Maroni. Scolarisée à l’école communale des filles, aujourd’hui dénommée « école Alexandrine Stanislas », Emmanuelle poursuit sa scolarité jusqu’à la 5 ème au lycée Félix Eboué puis à Bordeaux où elle obtient le baccalauréat Sciences Expérimentales.
 

Le choix d’un métier passionnant

Passionnée par les sciences, sans hésiter, le choix d’Emmanuelle s’est porté sur la profession de Technicienne de laboratoire. Après trois années d’étude à Paris elle obtient le diplôme de laborantine en 1967. Ce métier nouveau, peu de Guyanais l’exerçait jusqu’ici. Nous savons bien que la passion aiguillonne, Emmanuelle prépare la même année, le concours de laboratoire des hôpitaux de Paris. Elle est recrutée au laboratoire d’analyses biologiques de l’hôpital « enfants malades ».
C’est à Paris qu’elle rencontre et épouse André Giffard, médecin généraliste en 1962. Le couple aura 2 enfants.
Emmanuelle Barthélémi-Giffard obtient le certificat de capacité en immuno-sérologie à l’institut Fournier à Paris. Dans l’objectif du retour au pays, elle sollicite un changement de service pour acquérir le maximum de connaissances. Elle l’obtient et est affectée au service de bactériologie de l’hôpital Cochin en octobre 1969.
Lors d’un séjour en Guyane, en 1970, contact est pris avec le Directeur du Centre Hospitalier de l’époque. Il n’y avait pas de laboratoire à l’hôpital de Cayenne, il n’existait que celui de l’institut Pasteur. Face à la détermination d’Emmanuelle, le Directeur consent à la recruter sous une condition : faire partie de l’équipe chargée de monter le laboratoire et le service de transfusion sanguine de l’hôpital Saint Denis.

C’est en juin1971 que le couple Giffard revient en Guyane, animé par le désir de servir leur pays.

Une participation active à la structuration du laboratoire et de la transfusion sanguine.

Nous rappelons l’absence de laboratoire à l’hôpital Saint-Denis, Emmanuelle est donc affectée à la pharmacie de cette structure hospitalière. Ainsi naît un embryon de laboratoire de la volonté farouche du Directeur et du Docteur Edmard Lama. Les examens le plus élémentaires (analyse d’urine…) pouvaient alors être effectués par deux personnes la pharmacienne et Emmanuelle.
Vers 1972, la construction du laboratoire est entamée, le matériel commandé et le recrutement du personnel diplômé est en cours (des laborantin(e)s). Emmanuelle en a suivi pas à pas l’évolution, chargée de rendre compte de la fonctionnalité des locaux.
A la fin des travaux, Emmanuelle Barthélémi-Giffard et le personnel prennent  possession du premier laboratoire d’analyses médicales, en Guyane.
Désormais 80 % des analyses biologiques (prélèvements sanguins, la bactériologie, la sérologie) sont effectuées à l’hôpital Saint-Denis. Emmanuelle est responsable du service assistée de laborantins et d’aide laborantins.
Les responsabilités, Emmanuelle en assume de plus en plus. C’est ainsi qu’elle est nommée technicien de laboratoire cadre, puis technicien de laboratoire cadre supérieure.
Pendant la construction du nouveau laboratoire d’analyses biologiques, la formation du personnel a été placée sous la responsabilité effective et technique d’Emmanuelle Barthélémi-Giffard.
Certaines analyses du laboratoire du Centre hospitalier de Saint Laurent du Maroni CHOG ( Centre Hospitalier de l’Ouest Guyanais) étaient aussi traitées par le laboratoire de Saint Denis.

Un investissement discret et efficace dans des activités extra professionnelles

Emmanuelle Barthélémi-Giffard a été présidente de l’association des femmes victimes de violence.
Elle a aussi œuvré au sein d’une équipe médicale, en faveur de la recherche sur la drépanocytose.

Un sens aigu du service

Cette qualité que tous ceux qui connaissent Emmanuelle s’accordent à lui reconnaître, en a fait un des membres fondateurs et actif du club Soroptimist de Cayenne, en 1976 au côté de la Présidente fondatrice le Docteur en chirurgie dentaire : Raymonde Henriot.
 
EmmanuelleBarthélémi-Giffard, est une pionnière pour avoir participé activement à la création du premier laboratoire hospitalier en Guyane. 

Le podcast radio 

Emmanuelle Barthélémi-Giffard



Aline Belfort, auteure guyanaise

Présidente de l’Observatoire Régional du Carnaval de Guyane et membre du club Soroptimist de Cayenne, l'auteure Aline Belfort  a écrit trois ouvrages sur le carnaval : Le bal paré-masqué : Un aspect du carnaval de la Guyane française  paru en 2000; Carnaval et dérision dans la vie socioculturelle guyanaise : une forme  d’expression pour les chansonniers Sully IQUI et Léon MONGAYARD  paru en 2012; Du toulou au tololo : le bal paré-masqué, son évolution édité en 2014.
L'univers de la tradition guyanaise l'a également inspirée et elle en parle dans deux autres ouvrages : En collaboration : Kont di Lagwiyàn ; Sigré bounyon wara ; 1987 et Le léròl de mon enfance (récit) ; 2001.
Elle partage son temps entre la la Guyane et la Martinique où elle s'applique à mieux faire connaître sa région au travers, d'articles, conférences et émissions de radio.
Cette passionnée de la culture guyanaise titulaire d'un DESS, diplômée en langue et culture régionale a été enseignante auprès d'enfants et adolescents en situation de handicap.
Aujourd'hui à la retraite elle s'adonne entièrement à sa passion : l'écriture.

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