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41% des habitations en Guyane ne sont pas légales

Près de la moitié des bâtiments construits sur les principales communes du littoral sont construits sans autorisation d’urbanisme. C’est le résultat spectaculaire d’une vaste étude sur l’urbanisation. Certaines communes se retrouvent dans des situations complexes.

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  • Sébastien Laporte /MCT
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Près de la moitié des bâtiments construits sur les principales communes du littoral sont construits sans autorisation d’urbanisme. C’est le résultat spectaculaire d’une vaste étude sur l’urbanisation spontanée qui a été rendue public ce matin par l’Agence d’urbanisme et de développement de la Guyane – l’Audeg.
Parmi ces constructions, tous les types de bâtiments sont concernés : du bidonville à la grande villa. Certaines communes se retrouvent dans des situations complexes, comme par exemple Montsinnéry-Tonnégrande, où 80 % du bâti existant a été érigé sans autorisation.


Résultat spectaculaire 

En moyenne, 41 % des constructions présentes sur les principales villes du littoral sont considérées comme spontanées, c'est-à-dire qu’elles n’ont pas fait l’objet d’une autorisation d’urbanisme, elles ne sont pas cadastrées.

Ce résultat spectaculaire, fruit d’un long travail d’enquête, concerne la communauté d’agglomération du centre littoral, mais aussi Kourou, Mana et Saint-Laurent du Maroni. Sinnamary et Iracoubo ne sont pas prises en compte.
Laurence Besançon, chargée de mission habitat et urbanisme à l’Agence d’urbanisme et de développement de la Guyane (Audeg) explique :

« On a récupéré auprès de la Deal et des communes toutes les autorisations d'urbanisme qui ont été délivrées. Elles ont été pointées sur des photos aériennes et en transparence avec le cadastre. 41% du territoire des communes est considéré comme spontané »


80% de constructions illégales à Montsinery 

En 2015, 37 287 constructions spontanées ont été recensées, soit 19 512 de plus qu’en 2011. Mais attention, tous ces bâtiments ne sont pas des habitations. Dans ce total, on trouve aussi les constructions à vocation agricole ou commerciale.De la même façon, pour l’habitat, ces bâtis peuvent être des bidonvilles ou des villas.

Les situations les plus préoccupantes concernent Montsinéry-Tonnégrande avec 80 % de constructions illégales, c’est le record selon cette étude. La situation reste inquiétante à Roura (69%), Mana (62%), Macouria (60%), ou encore Saint-Laurent du Maroni (59%) et Matoury (52%).
Rémire-Montjoly est également concerné mais dans une moindre mesure, avec 30 % de constructions spontanées. A Kourou ce taux atteint 14%, et 18 % à Cayenne. Enfin, notons qu’un dixième du bâti spontané se trouve en zone à risques. Face à cette situation, les collectivités semblent démunies.
Sybille M’Lanao, directrice générale adjointe des services de la mairie de Matoury choquée :

« C’est énorme, c'est une augmentation encore plus importante que prévu. Il est question de salubrité, des réseaux, du bâti et de la dangerosité des bâtiments. Il est vraiment nécessaire d'avoir un appui très fort des services de l'Etat  »


En 2016, l’Etat a mis en place un pôle de lutte contre les constructions illicites. Enfin, la nouvelle loi Elan permettra au préfet de procéder à des démolitions sans décision de justice, notamment lorsqu’il existe un problème de sécurité et de salubrité.
Etude sur l'urbanisation



 

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