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Abolition de l’esclavage (1/5) : les grandes étapes de l’Histoire en Guyane

170 ans se sont écoulés depuis la proclamation de l’abolition de l’esclavage. Chaque année depuis 1848, le 10 juin, date de la fin de la traite négrière, est commémoré en Guyane. Explications.

Image d'archive du pont d'un bateau négrier. © DR
© DR Image d'archive du pont d'un bateau négrier.
  • Marie-Claude Thébia
  • Publié le , mis à jour le
"Citoyens, en vertu du décret de la République du 27 Avril 1848, au nom du peuple français, nous proclamons l’abolition de l’esclavage à la Guyane française, Vive la république !" C’est en ces termes, qu’André Aimé  Pariset, à l’époque Commissaire général de la République en Guyane, a proclamé la fin de l’esclavage sur le territoire.

Regardez ci-dessous les explications de Guyane 1ère :
HISTOIRE DE L ESCLAVAGE

Commerce triangulaire

En 1848, année de l’abolition, la Guyane comptait 12 500 esclaves. Un chiffre peu élevé eu égard à la traite négrière aux Antilles, Saint-Domingue ou même au Surinam. Plus de 700 000 esclaves ont été ainsi déportés aux Antilles françaises entre 1673 et 1789, dont 600 000 à Saint-Domingue.

Les autres furent envoyés aux Antilles et à Saint-Kitt et Névis. Des hommes, des femmes, parfois des enfants, arrachés à leur terre natale ou vendus. Ils viennent du Bénin, du Sénégal, du Congo. Ils sont donnés en échange de fusils, poudre, alcool, couteaux, barres de fer, etc.

Un commerce triangulaire naît, unissant l’Afrique, l’Europe et l’Amérique. Plus de 12 millions d’individus ont été déportés, dont 1,6 million aux Antilles françaises entre le début du 16è siècle et le milieu du XIXe siècle.
Document d'archives montrant une capture d'esclaves. © DR
© DR Document d'archives montrant une capture d'esclaves.

Pénurie d’esclaves

Pour peupler la Guyane, de nombreuses expéditions furent menées dès 1500, mais elles échouèrent, faute de préparation nécessaire. Les fortes pluies, les mauvaises conditions d’hébergement, les épidémies, et les guerres avec les premiers amérindiens décimèrent les colons. Par ailleurs, les enjeux économiques n’étaient pas assez importants pour faire venir plusieurs centaines d’esclaves.

En 1772, un millier de colons étaient installés en Guyane et 8 500 noirs. La main d’œuvre de la Colonie a pu  prospecter les forêts, l’établissement de plantations de sucre et l’exploitation du sous sol. Les esclaves noirs, plus nombreux, devinrent la communauté la plus importante en Guyane en termes de population.

Article 44 : déclarons les esclaves être meubles

Les colons avaient l’obligation de suivre le règlement édicté par le code Noir. Un recueil de règles et d’ordonnances initié par le ministre Colbert sous Louis XVI, afin de protéger les esclaves contre les mauvais traitements infligés par leurs maitres en 1685. Soixante articles destinés à maintenir la paix sur les exploitations.

Le Code Noir restera en vigueur aux Antilles Guyane jusqu’à l’abolition. Ce code définit le statut juridique des esclaves, ses obligations, les punitions en cas de vol, fuite ou violences, le statut familial. Ils étaient dépouillés de toute identité et étaient considérés comme un bien  meuble. Le Nègre changeait d’identité, était marqué au fer rouge et se muait en main d’œuvre servile et malléable.

Deux abolitions

En 1794, la Convention de Paris vota un décret qui abolissait l’esclavage. Jusqu’en 1805, la Guyane servit de lieu de déportation pour les différents opposants politiques. En 1802, le rétablissement de l’esclavage par Napoléon Bonaparte provoqua la fuite d’une grande partie de la population noire.

Ce n’est qu’en 1814, après une brève invasion du Portugal, que la Colonie à nouveau française connut une période de stabilité et de développement économique dans les plantations agricoles.

L’abolition de l’esclavage à la suite du décret du 27 Avril 1848 mit fin à cette prospérité. Devenus libres, les esclaves ne travaillaient plus gratuitement. Victor Schoelcher, député républicain français de la Martinique et de la Guadeloupe, fut à l’origine de cette abolition définitive. Les esclaves reprirent leur liberté, une liberté chèrement payée, mais cela c’est une autre histoire…

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