Agriculture : l’alimentation du bétail de plus en plus problématique en Guyane

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Jean-Yves Tarcy, producteur de viande de porc
Jean-Yves Tarcy, producteur de viande de porc ©Karl Constable
Les aliments pour bétails et volailles sont devenus des denrées rares en Guyane. Un sacré coup dur pour les éleveurs qui souffrent de la spéculation sur les prix, du manque de régularité de l’approvisionnement tout comme du manque de qualité entre autres difficultés.

Jean-Yves Tarcy, président du Groupement Régional des Agriculteurs de Guyane interrogé sur Guyane la 1ère radio tente d’apporter des informations  sur ce problème de pénurie d'aliments pour bétail qui va en s’amplifiant :

« Nous avons écrit une lettre ouverte depuis un mois pour alerter sur cette situation sans obtenir de réponse. Durant la campagne législative des candidats se sont rapprochés de nous et nous les avons éclairés sur la situation qui devient plus que critique. Nous nous entraidons entre producteurs, nous nous dépannons… La production devait repartir mais au final il n’y a pas d’aliments. Nous avons dû faire le forcing pour obtenir quelques sacs mais cela reste insuffisant »

Le producteur rappelle que pour développer l’agriculture en Guyane, il faudrait être en capacité de constituer des stocks de sécurité. De plus par rapport à la crise économique mondiale, il y a lieu de prendre des mesures urgentes. Le Groupement des agriculteurs a formulé une proposition d’accord inter professionnel pour garantir l’approvisionnement en alimentation bétail de qualité avec des prix qui ne fluctuent pas.

La situation actuelle de pénurie d’aliments de bétail met en danger les élevages des producteurs et génère un risque de santé publique. Jean-Yves Tarcy appelle à un développement endogène de l’agriculture pour ne plus être dépendant de l’importation  et à la mise en place de moyens pour produire des céréales en Guyane.

Ce problème d’approvisionnement pour l’alimentation du bétail se pose depuis plusieurs années. Déjà en 2018 puis en janvier 2020, cette situation de pénurie annoncée était déjà largement évoquée. Et distributeurs comme éleveurs s'interrogent à nouveau sur l'absence de production locale d'aliments pour animaux. Une agriculture qui permettrait d'être plus indépendante vis à vis de la métropole, et d'éviter ce genre de situation.