Ce que la Guyane doit retenir de la crise sanitaire

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Les infirmiers libéraux en renfort de l'hôpital public
Les infirmiers libéraux en renfort de l'hôpital public ©C. Fleuzin
La Guyane est la région ultramarine la plus touchée par la Covid-19, avec plus de 8000 cas recensés depuis le début de l’épidémie. Manque de moyens humains et matériels, cette crise sanitaire a mis en avant les faiblesses de ce territoire. 
 
La crise sanitaire a révélé au grand jour les difficultés et le manque de moyens des structures hospitalières des régions d’Outre-mer. Mayotte, doté d’un unique centre hospitalier, comptait, au début de la crise sanitaire, 14 lits pour 10 000 habitants alors que dans la même période la Martinique en avait 55 et la Guadeloupe 48.  Des chiffres proches de la moyenne nationale évaluée à 60 lits. 38 lits avaient été recensés par l’Agence régionale de santé pour l’ensemble du territoire guyanais, un inventaire revu à la baisse depuis.
 
Les Antilles ont donc été mieux armées pour faire à la crise ayant, chacune leur propre Centre hospitalier universitaire et une quinzaine de structures hospitalières fonctionnelles.
 
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A la sortie du confinement le 11 mai dernier, la Martinique comptait 187 cas positifs à la Covid-19 contre 154 en Guadeloupe. Un nombre plus important qu’à Mayotte ou qu’en Guyane. Seulement ces deux îles ont réussi à stabiliser les chiffres les semaines suivantes, alors qu’en Guyane, en moins de deux mois, le nombre de cas a été multiplié par 54.
 

Des cas positifs à la Covid-19 recensés grâce aux dépistages massifs de la population


Frontières fermées, la commune de Saint-Georges de l’Oyapock confinée, parmi les solutions ponctuelles trouvées par le gouvernement, celle de faire venir du personnel en renfort.
 Un renfort indispensable car pour un lit de réanimation, il faut trois personnels de santé. Un luxe que la Guyane ne peut pas se payer. Le manque de moyens humains va de pair avec le manque d’infrastructures.
La prime à l’embauche n’a pas pour effet de maintenir les professionnels de santé et la mise en place des journées de 12 heures n’arrangent pas la situation selon cette infirmière anonyme.

Infirmière anonyme

Prendre soin du personnel de santé en leur donnant les moyens de travailler dans de bonnes conditions, est l’une des clefs du développement de la Guyane.

 
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