Coronavirus : le masque en tissu désormais incontournable

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Masques en tissu
Masques en tissu ©DP
Pour faire face à la pénurie de masques en Guyane, depuis quelques semaines, des couturiers, des artisans se sont mis à faire des masques en tissu en s'inspirant de tutoriels de fabrication sur internet. Des initiatives solidaires et gratuites pour les soignants et payantes pour les autres.
Les masques médicaux à usage unique sont une denrée rare et font même l'objet d'une guerre commerciale entre Etats. Depuis le début de la crise Covid-19, le gouvernement français a changé plusieurs fois d'avis sur le port du masque. Il n'était pas obligatoire pour le citoyen lambda mais uniquement réservé aux malades du coronavirus et au personnel soignant. Toutefois, devant l'insistance de médecins et autres professionnels de santé, notamment du conseil scientifique national depuis le 3 avril, le gouvernement a infléchi sa position.  Il nous est maintenant vivement conseillé de porter un masque lors de nos déplacements.


Des initiatives solidaires pour les soignants

Depuis le début du confinement, les initiatives de fabrication de masques en tissu se sont multipliées dans notre région pour permettre aux soignants et personnels en première ligne de travailler avec une protection. De nombreux témoignages attestent que des infirmiers libéraux, des aides à domiciles, des aides soignants, des ambulanciers ... n'étaient pas ou insuffisamment équipés pour faire face à leurs missions. Amis, parents, artisans se sont alors mis à leurs machines à coudre pour aider et faire oeuvre utile. A l'instar de l'atelier Création où Dalva Péquin confectionne environ 50 masques par jour en offrant deux exemplaires par personne et 3 euros par unité supplémentaire. Ou encore Abdoul Touré, ce couturier togolais habitué à fabriquer des masques pour des mineurs dans son pays et tous ces autres anonymes.
Pour Axelle Jules, créatrice de l'atelier Aurélie Touchi, cela s'est aussi imposé. Sa soeur qui est soignante lui a fait part de son désarroi. Les consignes de son établissement de santé étaient de travailler sans masque pour ne pas effrayer les malades. Axelle s'est mise à faire des protections pour sa soeur et ses collègues en suivant les recommandations des tutoriels garantissant le respect des normes. De fil en aiguille, elle a continué pour sa famille (son mari ne peut travailler en télétravail) et ses amis. Depuis le 28 mars, elle en fabrique une centaine par jour sous le label MoMask, aidée de son époux. Elle les livre dans deux libre services à Montjoly et à Cogneau Lamirande à Matoury  au prix de 5 euros l'unité.
Dans une petite vidéo, elle explique sa démarche et rappelle les précautions à prendre :
Les initiatives se multiplient un peu partout en Guyane. A Saint-Laurent du Maroni, 3 médiatrices de la ville vont commencer à confectionner des masques en suivant le patron fourni par le CHU de Grenoble.
De son côté, la Collectivité territoriale de Guyane travaille à la structuration d'une filière. l'Esat Ebène qui emploie des personnes en situation de handicap, lui aussi fabrique des masques pour les personnels de l'Association Ebène. Désormais, il va en produire en plus grande quantité à destination du public.

ATTENTION : le port du masque ne doit pas nous empêcher de continuer à respecter les mesures de protection barrière : le lavage des mains fréquent au savon ou au gel hydroalcoolique, tousser dans son coude, les mouchoirs à usage unique et le respect de la distanciation sociale (1 mà 1,5 m). Eviter les embrassades et les regroupements.





 
Des masques aux normes
Pour être efficace, le masque doit être conforme à la norme française et européenne "NF EN 14683" . La recommandation est de fabriquer des masques avec trois épaisseurs de tissu dont une en matière filtrante.
Ces masques anti-projection en tissu constituent une protection contre les postillons. Il convient de les laver après chaque sortie dans une eau à 60°.