Scolarisation des enfants : RESF annonce une victoire « historique » en Guyane

En novembre 2020, le Réseau éducation sans frontière a annoncé que 20 procédures en urgence pour « atteinte grave et manifestement illégale au droit à l’éducation et à l’instruction » ont abouti.
Des milliers d’enfants et d’adolescents ne sont pas scolarisés en Guyane. Le Réseau éducation sans frontière a annoncé que 20 procédures en urgence pour « atteinte grave et manifestement illégale au droit à l’éducation et à l’instruction » ont abouti vendredi.
Des milliers d’enfants et d’adolescents ne sont pas scolarisés en Guyane. Le Réseau éducation sans frontière, RESF, a annoncé que 20 procédures en urgence déposées par ses militants au tribunal administratif de Cayenne  pour « atteinte grave et manifestement illégale au droit à l’éducation et à l’instruction » ont abouti vendredi. Le rectorat et la Ville de Cayenne, visés par ces référés libertés, ont donc l’obligation de scolariser les 18 jeunes concernés.


Une victoire selon le RESF

Le recteur a une semaine pour évaluer le niveau scolaire de 13 enfants étrangers, et trois semaines pour les scolariser. La justice donne également à la Ville de Cayenne et au rectorat 15 jours pour scolariser 5 autres enfants.
Une victoire pour les militants du Réseau éducation sans frontière à l’origine de ces procédures.
Aurore GOURSAUD pour RESF Guyane
 

« C’est un évènement historique qui peut permettre à toutes les familles de savoir qu’ils n’ont pas à subir les freins du rectorat ou des communes et que tous les enfants de trois à 16 ans ont le droit à l’école...Les communes continuent à complexifier les démarches avec une dématérialisation, avec un passage par des sites internet où il faut mettre en ligne des pièces avec non-réponse, la plupart du temps ce sont des non-réponses »

Aurore Goursaud, membre du Réseau éducation sans frontière (RESF)


18 jeunes concernés

Les référés ont été déposés pour atteinte grave et manifestement illégale au droit à l’éducation – une liberté fondamentale - après avoir sollicité toutes les administrations concernées.
Rodrigo a 15 ans, cela fait plus d’un an qu’il attend son inscription dans un lycée.

« Je me suis inscrit en juin 2019, j’ai fait les tests en novembre 2019. Mais, après ça quand je suis allé au Casnav on m’a dit chaque jour d’attendre, d’attendre. Je voudrais étudier, c’est tout »

Rodrigo, 15 ans

 

« Normalement, on me dit que par rapport à son année de naissance mon enfant doit aller au lycée et qu’il faut attendre parce qu’ils cherchent une place. Mais rien. C’est pour ça que j’ai cherché une association, pour trouver une solution »

Sandra Ramos, mère de Rodrigo


Les 18 jeunes concernés sont âgés de 3 à 16 ans. Ils sont de nationalité syrienne, palestinienne, libyenne, péruvienne et haïtienne. Le Réseau éducation sans frontière estime que, comme Rodrigo, 10 000 enfants et adolescents ne sont pas scolarisés sur notre territoire. Une estimation que ces militants ont effectuée sur la base des chiffres du rectorat, de l’Insee, et des syndicats.
Un constat partagé par l’un des deux députés élus en Guyane, Gabriel Serville.

« ...ça me paraît être une estimation réaliste parce qu’à l’époque où moi-même j’étais chef d’établissement dans les réunions avec le rectorat on annonçait le nombre de 6000 à 7000 enfants qui ne seraient pas scolarisés. Quand on voit le taux de naissance qu’il y a sur le territoire de la Guyane et sachant le taux d’immigration qu’il y a en direction de la Guyane je ne serai pas du tout étonné que ce nombre-là soit atteint ».

Gabriel Serville, député de Guyane


La Ville de Cayenne et le rectorat ont désormais deux semaines pour faire appel de ce jugement.
 
Justice : la scolarisation pour 20 jeunes.