La production de l’usine Yana Wassaï devrait suffire à la demande locale de jus de wassaï dès sa mise en marche annonce le PDG Dave Drelin

industrie centre littoral
Usine de Yana Wassaï à Montsinéry
Usine de Yana Wassaï à Montsinéry ©yana wassaï
Depuis le début du conflit russo-ukrainien, les prix des matières premières flambent et les économistes annoncent des pénuries alimentaires dans le monde. La Guyane n’échappera pas au phénomène. Parmi les ressources propres de notre territoire, une graine précieuse, le wassaï. L’usine Yana wassaï sera en fonction au cours du second semestre, selon son PDG Dave Drelin et, la production de pulpe de wassaï, devrait suffire à répondre à la demande locale.

Au cours de cette dernière décennie, la graine de palmier pinot euterpe oleracea dit wassaï en Guyane et açaï au Brésil a pris une grande valeur. Sa transformation en jus figurait traditionnellement dans l’alimentation des populations indigènes et créoles mais la mise au grand jour de toutes ses vertus pour la santé a fait flamber le prix de ce précieux fruit de palmier amazonien consommé à grands frais partout dans le monde.

Si véritablement, il devait y avoir des pénuries, quels sont les produits locaux transformés pour lesquels il pourrait y avoir une accentuation de la demande ? En Guyane, il y a peu d’unités de transformation alimentaire. A l’échelle artisanale, on trouve le couac issu du manioc dans certaines communes telles, par exemple, Iracoubo, Saint-Georges, Macouria ou encore Mana, une production insuffisante et somme toute coûteuse pour toute la population. On pourrait aussi compter sur les produits boucanés (viandes et poissons), la transformation de produits de la pêche, une usine de produits laitiers, jus, fabrication de confitures et condiments. La prochaine mise en route de l’usine Yana wassaï, qui entre autres activités de transformation de l’awara, du cupuaçu, du camu camu, fournira  de la pulpe de wassaï.

Un démarrage de l’usine attendu pour le mois de juin

Les préoccupations du PDG de Yana wassaÏ, Dave Drelin, ne sont pas, pour le moment le fait du conflit européen :

« Les premières répercussions que nous vivons, concernent plus pour le moment l’après covid. Il y a énormément de retard pris sur le transport, les prix du transport qui ont commencé à flamber avec la guerre en Ukraine. Augmentation des coûts, disponibilité des bateaux pour faire rentrer les containers depuis le mois de novembre. Pour la mise en route de l’usine cela nous a fait prendre 6 mois de retard. Nous attendons encore des machines de transformation…Nous prévoyons de commencer à commercialiser au mois de juin au lieu de mars comme prévu. Nous produirons la pulpe et la poudre dans un premier temps et rapidement après les huiles… »

C’est un produit porteur endogène, du terroir, quel que soit ce qui se passe ailleurs dans le monde le wassai va continuer de pousser rappelle Dave Drelin. Cette matière première est là disponible, adaptée à nos latitudes, à nos types de sols. Mais pour assurer une certaine productivité, il y aura tout de même un besoin d’intrants (produits pour améliorer le rendement agricole) dont les tarifs pourraient être majorés.
C’est pour cela que les agriculteurs devraient davantage diversifier leurs activités pour réduire ce besoin. Mais tout cela est suivi avec beaucoup d’attention avec l’ensemble des partenaires de Yana wassaï afin de trouver des solutions pour compenser le manque à gagner des agriculteurs qui interviendra dans un terme plus ou moins court.

La volonté d’avoir un modèle économique supportable

Dave Drelin affirme être sur un modèle économique de production transformée uniquement avec des produits du terroir nécessitant peu d’intrants. De fait, son usine ne se trouve pas sur les coûts du marché. Cela induirait un minimum de répercussions sur les prix. Actuellement, par exemple, le prix du wassaï augmente  (de 6 à 8€ le litre en Guyane) car il est de plus en plus rare et qu’il y a plus de demande :

....nous ne souhaitons pas participer à cet élan de spéculation. Notre prix d’achat de la ressource va déterminer notre prix de vente. Le prix d’achat est déterminé par le coût de production des producteurs et nous définirons le prix de vente. Il peut augmenter ailleurs… pour les brésiliens, il y a une très forte demande donc ils augmentent les prix, nous n’irons pas sur ce schéma … C’est une question de philosophie de vie. Dans tous les cas, nous n'avons pas l'intention de saturer le marché local et venons en complément des artisants locaux et pas du tout en concurrence...

Pour l’instant il faut développer l’activité et à cet effet le personnel a été embauché et formé. Huit personnes dont quatre à l’administration et quatre à la production.

Cette usine est le fruit de 7 années de travail, un projet qui a coûté près de 8 millions d’euros en fonds propres, subventions et prêts. Le débord estimé à 2% est en grande partie dû aux aléas de la crise sanitaire. A cela, se rajoutent les conditions climatiques actuelles. La pluie lessive les fleurs des inflorescences des palmiers wassaï ce qui diminue la production des graines. Cela s’est passé en 2021, et a donné une récolte moindre. Il ne faudrait pas que cela arrive encore cette année. Rendez-vous est pris pour le second semestre.