Montsinéry-Tonnégrande a inauguré sa première créche « Les Petits Morphos »

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15 enfants sont accueillis à la crèche de Montsinéry
15 enfants sont accueillis à la crèche de Montsinéry ©Vanessa Etienne
Un Etablissement d’Accueil du Jeune Enfant installé au bourg de Montsinéry et voilà le signe d’une vitalité démographique retrouvée. L’association les Chrysalides y ouvre son quatrième établissement et diversifie ses offres sur le territoire guyanais et la municipalité améliore le confort de sa population.

Son ouverture était très attendue dans la commune de Montsinéry-Tonnégrande, la créche « Les Petits Morphos » a été inaugurée en grandes pompes ce 24 février.

Le maire Patrick Lecante au centre
Le maire Patrick Lecante au centre ©Vanessa Etienne

Pour le maire, Patrick Lecante, cet établissement s’inscrit dans la suite logique du développement de la commune en faveur du bien vivre des habitants.  

Un équipement attendu depuis 3 ans  

Le premier édile de Montsinéry-Tonnégrande, Patrick Lecante ne cache pas sa satisfaction. L’ouverture de cet établissement d’accueil des jeunes enfants  « Les petits Morphos » est une avancée importante pour sa commune :

« C’est un nouveau service qui est offert à la population. Cela augure du dynamisme de la démographie et cela a été pris en compte avec ce partenariat avec l’association « Les Chrysalides » qui a une bonne expérience, elle en est à son 4e établissement ».  
La commune a signé, il y a 3 ans, une convention de partenariat avec la Caisse d’Allocations Familiales pour le soutien d’une politique publique en faveur de la jeunesse. Cela a permis l’éclosion de ce projet de crèche et d’améliorer aussi la restauration pour les scolaires.
Un tel établissement concoure à la revitalisation du bourg souligne le maire. La commune s'inscrit dans une dynamique urbaine mesurée et progressive qui impose la réalisation d’équipements pour que Montsinéry ne soit pas une ville dortoir. 
Cet établissement privé a été réalisé intégralement par l’association non loin de l’école primaire avec un accompagnement de la mairie. Une convention sera signée entre la municipalité et l’association. Elle définira les participations financières respectives :

« Le coût mensuel pour une place s’établit à 1197,44€. La CAF intervient à hauteur de 74% soit 886,06€, la mairie assume 16% soit 191,59€. Le reste à charge familial est de 119,74€. Un montant tout à fait acceptable pour une famille aux revenus modestes qui bénéficiera à la fois du soutien de la CAF au titres de ses prestations sociales et de la mairie qui reçoit l’équipement. »

Ces dispositions financières vont permettre à la structure de démarrer dans de bonnes conditions et surtout d’assurer sa pérennisation.

La crèche Les Petits Morphos à Montsinéry
La crèche Les Petits Morphos à Montsinéry ©Vanessa Etienne

 

L’accueil de la petite enfance une problématique guyanaise prégnante  

Avec l’un des taux de natalité les plus élevés de France, les tout-petits sont nombreux en Guyane. Près de 24000 enfants sont nés depuis 2019, et 8% de la population a moins de 3 ans, 14400 vivent dans des familles monoparentales  
Ces enfants peuvent être gardés soit dans des accueils collectifs, crèches, jardins d’enfants, garderies, soit par des acteurs privés comme les assistantes maternelles.

En 2021, il existait 1979 places en accueil collectif, auxquelles s’ajoutent 207 assistantes maternelles qui peuvent accueillir jusqu’à 4 enfants chacune, soit 828 places supplémentaires. 
Au total, il y a donc actuellement 2807 places d’accueil petite enfance : cela couvre un peu moins de 12% des besoins du territoire. Au niveau national, cette capacité d’accueil (qu’on appelle taux de couverture) est de 55%. 

La garde informelle reste le mode de garde largement majoritaire en Guyane 

Les structures d’accueil collectif sont inégalement réparties sur le territoire : 72% d’entre elles sont implantées sur l’île de Cayenne. Rémire-Montjoly compte par exemple 10 accueils collectifs petite enfance, ils ne sont que 4 à Saint-Laurent du Maroni. C’est pourtant dans la capitale de l’Ouest que le taux de natalité est le plus élevé.   

La création d’accueils collectifs petite enfance est majoritairement financée par la Caisse d’Allocations Familiales ou CAF, jusqu’à 80% du projet, puis par l’Etat, la CTG et les communes.   

En 2021, la CAF a investi 2,8 millions d’euros pour soutenir 7 nouveaux projets d’accueil. La CAF finance aussi le fonctionnement de ces structures à hauteur de 14 millions d’euros par an. Au total, la CAF a investi 22 millions d’euros dans la petite enfance en 2021. 

Le secteur petite enfance est un gisement d’emplois important. Les gestionnaires ont du mal à recruter du personnel qualifié. Pour les auxiliaires de puériculture, les salaires proposés en milieu hospitalier sont par exemple 40% plus élevés que dans le secteur privé. Le nombre d’assistantes maternelles a baissé de plus d’un tiers depuis 2016.   

Les jeunes mères sont plus nombreuses en Guyane que la moyenne nationale. Le taux d’emploi des femmes décroît avec le nombre d’enfants. L'accueil petite enfance est donc essentiel pour l’insertion des jeunes femmes dans le monde professionnel.