Energie : la date de fermeture de la centrale électrique du Dégrad-des-Cannes sera t-elle repoussée?

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Elle devait être arrêtée fin 2023, après 42 ans de service. La centrale au fuel de Dégrad-des-Cannes revient au cœur du débat sur l’énergie électrique en Guyane.Car sa remplaçante, la centrale du Larivot, se fait attendre, le chantier étant arrêté depuis un an suite à des irrégularités relevées par le tribunal administratif. Depuis, EDF travaille avec l’Etat à une prolongation de la production de la vieille usine de Dégrad-des-Cannes qui n’est plus aux normes actuellement en vigueur.

Elle est entrée en service en 1981 avec des moteurs diesel qui fonctionnent au fuel dans un bruit assourdissant.

41 ans plus tard, l’usine est exploitée en mode dégradé. En 2019, deux moteurs sont arrêtés définitivement en raison d’avaries majeures. Les sept restants ont perdu en puissance au fil des ans. Les rejets d’oxyde d’azote ne correspondent plus aux normes actuelles et EDF a une dérogation d’exploitation jusqu’à fin 2023. La centrale du Larivot devait prendre le relais mais le chantier est bloqué suite aux décisions du tribunal administratif. EDF envisage de demander la prolongation de la production à Dégrad Des Cannes explique Michel Durand, directeur d’EDF Guyane :

"Nous nous préparons à apporter de l'électricité à chacun des guyanais  avec les outils actuels en Guyane dont la centrale du Dégrad-des-cannes... la loi européenne permet une demande de prolongation ... d'ici 2023, il n'y a pas d'autre solution viable que d'utiliser ce qui est déjà en place..."

Pour prolonger la durée de vie de cette centrale, il faudrait faire des travaux, notamment sur les systèmes de filtration des rejets d’oxyde d’azote. Pour EDF, une centrale thermique reste indispensable, en complément du barrage de Petit Saut et des énergies renouvelables :

"Il faut être conscient qu'aujourd'hui le retard qui est pris dans toutes les filières de production d'énergie en Guyane pour diverses raisons fragilise le système électrique  et fait que le risque de coupures longues et durables devient de plus en plus important..."

Selon une étude du cabinet « Skyray » datée de février commandée par la CTG, sans les centrales du Larivot et de Dégrad des Cannes, le risque de black-out est maitrisable en 2024 et 2025 avec les infrastructures existantes et les moyens thermiques de secours d’EDF, groupes électrogènes mobiles et Turbine à Combustion (TAC).
Selon cette étude, à horizon 2028, le développement des énergies renouvelables doit suffire. Un scénario loin de faire l’unanimité en Guyane, où la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE), pilotée par l’Etat et la CTG, a bien prévu la centrale thermique du Larivot.