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Rémire-Montjoly : l'angoisse des 300 familles installées sur un terrain privé en instance d'expulsion

logement remire-montjoly
L'entrée du site Manguiers à Montjoly
©Clotilde Séraphins George/CL
La lutte contre l’habitat spontané se poursuit. Plus de 300 familles secteur Manguier à Rémire-Montjoly sont sur le point d’être expulsées d'ici le 25 novembre. Le droit au logement opposable avait installé sur site une permanence pour aider les personnes à effectuer leur demande de relogement.
Jeudilia Domingue et les siens, l’une des trois cent familles et plus installées secteur Manguier route des plages à Rémire est une mère de huit enfants. Les plus grands sont élevés et travaillent aujourd’hui. Jeudilia qui vit ici depuis vingt huit ans vit mal l’idée de devoir partir :
... Pour les enfants ça va, tous mes enfants ont bien travaillé à l'école et ont bac plus 5 ans, sont enseignants, c'est déjà pas mal... j'en ai un au lycée Melkior, une au collège Auguste Dédé. Elle 12 ans, je ne peux pas aller dans la rue avec une fille de 12 ans, c'est terrible la Guyane à présent... ici ça va... depuis un mois on réfléchit, il n'y a nulle part où aller...
 

Des terrains vendus à un privé en 2009 selon l'association

Laurimène Syrin, la présidente de l’association des riverains, elle, vit ici depuis 30 ans et dénonce la manière dont les hectares de terrain concernés sont passés du public au privé :
On a monté l'association en 2011 et on a découvert que les terrains du Conseil général avaient été vendus à un privé à 5,5 euros l'hectare... on aurait pu acheter...
Pour les aider, les conseiller et les accompagner dans leur demande de relogement,  les associations Médecins du monde et du Droit au logement opposable les attendaient sur le site.
Pour Tania Sampson, médiatrice à l’association d’aide aux personnes en situation d’exclusion, il aurait fallu un sursis jusqu'à juin, à la fin des classes afin que les enfants qui bénéficient du transport scolaire continuent leur scolarité.
Lisa CANN, chargée de projet pour l’association médecins du monde admet que : le 25 novembre, la majorité des personnes n'auront pas de logement ni d'hébergement pour le soir, c'est clair...
En attendant, ils sont quelques uns à démonter leur maison pour emporter ce qu’ils peuvent vers des ailleurs dont on ignore l’adresse.
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