Démantèlement d’un trafic de drogue entre Kourou et Montpellier : premières condamnations pour deux membres du réseau

trafic de drogue
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Cocaïne ©DR
Le 22 mars 2022, la Gendarmerie Nationale a démantelé un vaste réseau de trafic de cocaïne entre la Guyane et Montpellier. Le vendredi 25 mars, huit membres du réseau ont été déférés devant le procureur de la République. Deux d'entre eux ont été condamnés.

Les suites d’une enquête débutée près de deux ans auparavant. Vendredi 25 mars 2022, huit membres d’un réseau de trafic de drogue de Kourou - démantelé le 22 mars dernier - ont été déférés devant le procureur de la République. Cinq d’entre eux ont été placés en détention provisoire en vue d’une comparution immédiate différée. Celle-ci aura lieu le 12 mai 2022.

Un autre a été placé sous contrôle judiciaire avec bracelet électronique. Enfin, les deux derniers ont été jugés immédiatement, selon la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Ils ont été condamnés à trois ans et à deux ans de prison avec sursis. Ils ont aussi reçu une interdiction de fréquenter l’aéroport Felix Eboué pendant cinq ans.

19 interpellations à Kourou, trois autres à Montpellier

Le 22 mars, alors que 230 gendarmes sont mobilisés à Kourou, 70 autres militaires sont mobilisés à Montpellier. Eux, interpellent trois personnes. Au total, 22 individus sont placés en garde à vue ce jour-là, dans le cadre du démantèlement du réseau. 19 personnes résident en Guyane.

Sept mules sont interceptées dans des appartements peu avant leur départ vers l’aéroport. Au cours de leurs 96 heures de garde à vue, certaines racontent avoir été attirées par l’argent, d’autres déclarent avoir été prises au piège. Elles ont été recrutées dans la rue, puis hébergées et nourries. Les commanditaires leur ont ensuite proposé de faire la mule pour rembourser leur dette.

Cocaïne, argent, véhicules... Une lourde saisie

Les perquisitions effectuées à Kourou permettent aux gendarmes de mettre la main sur plus de 1 000 ovules, soit un poids total estimé à 10 kg. Ils trouvent également 67 200 euros en espèce, trois armes de poing et 39 téléphones. Dans le sud de la France, 50 ovules, du numéraire et des éléments nécessaires au conditionnement de la drogue réceptionnée sont également découverts. Deux voitures et deux TMAX sont aussi saisis.

Plus de 30 voyages en une année pour certaines mules

Ce trafic entre la Guyane et l’Occitanie a été détectée par les forces de l’ordre en fin d’année 2021. Le réseau est décrit comme "structuré, particulièrement violent et armé" par la Gendarmerie Nationale. Il serait constitué de fournisseurs, de chefs de quartier, de logisticiens, d’investisseurs, d’hommes de main, de mules "historiques et occasionnelles", de gardes mules et de transporteurs. La cocaïne arriverait du Suriname avant d’être conditionnée dans le quartier Saramaca de Kourou.

D’anciennes mules rabattent des nouvelles dans les filets des trafiquants. Ces derniers obligent les jeunes recrues à ingurgiter les ovules dans divers appartements des quartiers de l’Anse et Lumières. Elles prennent ensuite l’avion pour la métropole. Elles sont escortées tout au long du trajet et vont en train jusqu’à Montpellier où elles sont réceptionnées par un ancien Kouroucien demeurant dans l’Hexagone puis la drogue est revendue dans les quartiers.

Gendarmerie Nationale

Au total, 160 mules ont été identifiées. Celles dites "historiques" ont eu l’occasion d’effectuer plus de 30 voyages en 2021. Elles sont devenues des membres à part entière du réseau. Leur fonction a même évolué, puisqu’elles sont devenues accompagnatrices des nouvelles recrues. En trois ans, ce trafic aurait engendré plus de 4,2 millions d’euros de bénéfices. Les trafiquants achèteraient 160 kg pour 4 200 euros le kilo. Ils les revendraient ensuite à 30 000 euros.