Deux agents de l’hôpital de Kourou visés par une enquête administrative, l’UTG dénonce le silence de la direction

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L'Union des Travailleurs Guyanais se mobilisent au centre hospitalier de Kourou suite à la suspension de deux agents. ©Jean-Gilles ASSARD
A la fin du mois d'avril, des "faits graves" survenus au centre hospitalier de Kourou ont été signalés à la direction de l'établissement. Ce 5 mai, deux agents, concernés par l'affaire, ont été suspendus. Une enquête administrative a été lancée par le CHK et validée par l'ARS. L'UTG dénonce une absence de communication de la part de sa direction.

Jeudi 5 mai 2022, dans un communiqué transmis par l’Agence Régionale de Santé de Guyane, l’on apprend que le centre hospitalier de Kourou a ouvert une enquête administrative suite à des signalements mettant en cause deux membres de son personnel.

Sans entrer dans les détails, l’ARS indique que : "au regard de la gravité des faits décrits et comme prévu par la loi, la direction du CH de Kourou a informé l’Agence Régionale de Santé, décidé de prononcer la suspension à titre conservatoire de deux agents."

Les actes en question peuvent  "constituer une faute disciplinaire et perturber le fonctionnement du service", lit-on. Les événements "présumés anormaux" auraient été signalés fin avril à la direction de CHK et à l’agence régionale de santé.

De tels évènements peuvent être difficiles à supporter pour les personnes mises en cause, comme pour les victimes présumées et les témoins. Ils représentent une épreuve pour les équipes et des collectifs par nature solidaires et engagés dans la santé des plus fragiles.

Communiqué de l'Agence Régionale de Santé de Guyane

 "Aucune information ne leur est donnée"

L’Union des Travailleurs Guyanais a répondu par la mobilisation ce vendredi 6 mai, à 11h00. Le syndicat dénonce un "mépris" de la direction. "Aujourd’hui, deux agents ont été suspendus pour 4 mois (!!!) avec effet immédiat ! Leur a-t-on donné les raisons et les motivations de cette sanction morale ? Evidemment que non ! Aucune information ne leur est donnée. Elles ont ordre de rester chez elle, sans que la directrice juge utile, nécessaire de justifier sa décision", déclare l’UTG dans un communiqué.

D’autres faits sont dénoncés (en plus de l’absence de communication de la part de la direction et des ressources humaines) : le manque de personnel, le déficit budgétaire, un dysfonctionnement au niveau du versement de la prime de service, la non-application de la décision de prendre en charge le billet d’avion pour les enfants du personnel, la suppression de postes ou encore la question économique qui prime, disent-ils, sur le confort de vie des agents.

 "Tout est secret, rien n’est explicité"

Les agents évoquent un manque de transparence de la part de Monica Bosi, directrice du centre hospitalier de Kourou. "15 millions de déficit, nous le dénoncions déjà il y a un an, la situation n’a pas changé. Le directeur précédent nous avait communiqué les pistes de réflexion qu’il avait engagées avec l’ARS, Mme BOSI n’explique rien", dit le texte.

Il poursuit : "Tout est secret, rien n’est explicité. Et quand c’est flou on peut se demander s’il n’y a pas un loup…" En tout cas, en ce qui concerne la suspension des deux agents, la nature des événements est effectivement tenue secrète. "Nous ne sommes pas en capacité de donner plus de détails à ce stade", nous confirme l'ARS de Guyane. Des propos semblables à ceux de la directrice du CHK.

Des faits graves ont été signalés par des sources différentes et de manière concordante [...] Ces faits, je ne peux pas vous les détailler davantage, l'objectif étant, dans les prochaines heures, de lancer une enquête administrative de manière à pouvoir instruire la situation en toute neutralité"

Monica Bosi, directrice du centre hospitalier de Kourou (CHK)

Monica Bosi explique, par ailleurs, que ces suspensions ne sont pas disciplinaires mais conservatoires. Elle précise également qu'il n'y a pas de "coupable" désigné pour l'heure.