En Haïti, des partis de l'opposition haïtienne ont nommé un dirigeant de transition face au président contesté Jovenel Moïse

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Haïti
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Le conseil supérieur du pouvoir judiciaire haïtien a reconnu la fin du mandat du président, alors que Jovenel Moïse maintient qu'il lui reste encore un an d’exercice au sommet de l’Etat. Contexte très tendu donc en Haïti, où les rues de la capitale étaient désertées. 

Le conseil supérieur du pouvoir judiciaire haïtien a reconnu la fin du mandat du président, alors que Jovenel Moïse maintient qu'il lui reste encore un an d’exercice au sommet de l’Etat. Contexte très tendu donc en Haïti, où les rues de la capitale étaient désertées par les habitants aux premières heures du jour. Quelques rafales de tirs d'origines inconnues se font entendre dans le centre-ville. 

Un dirigeant de transition 

Des partis de l'opposition haïtienne ont nommé cette nuit, un dirigeant de transition face au président contesté Jovenel Moïse qu'ils accusent de vouloir prolonger illégalement son mandat d'un an. Dans un message vidéo transmis dans la nuit à l'AFP, un magistrat de 72 ans, Joseph Mécène Jean-Louis, membre de la Cour de Cassation depuis 2011, lit un court discours dans lequel il déclare "accepter le choix de l'opposition et de la société civile pour pouvoir servir (s)on pays comme président provisoire de la transition". Dans la nuit de dimanche à lundi, l'ancien sénateur Youri Latortue a indiqué que cet intérim serait prévu pour une durée de 24 mois. "La feuille de route est établie pour deux ans avec l'organisation d'une conférence nationale, l'élaboration d'une nouvelle constitution et la tenue des élections" a détaillé M. Latortue, qui, après avoir été conseiller du président Michel Martelly, mentor de Jovenel Moïse, s'est déclaré opposant au pouvoir.

Des décrets pour gouverner

Jovenel Moïse
Jovenel Moïse, lors de son investiture au Palais national, le 7 février 2017 à Port-au-Prince. ©© HECTOR RETAMAL/AFP

Haïti ne dispose plus d'un parlement fonctionnel depuis janvier 2020. Isolé, le président Moïse gouverne depuis par décrets, alimentant une défiance croissante au sein de la population, minée par la pauvreté et subissant la violence quotidienne des gangs. Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire haïtien se déclare aujourd’hui – je cite - "vivement préoccupé(e) par les graves menaces résultant d'une absence d'accord politique en réponse à l'expiration du mandat constitutionnel du président de la République", dans une résolution rendue publique, Jovenel Moïse a immédiatement, via Twitter, une nouvelle fois balayé les contestations de sa légitimité.

Incertitude politique

Dans ce contexte de grande incertitude politique, les rues de la capitale étaient désertées par les habitants, la circulation quasi inexistante aux premières heures du jour. Quelques rafales de tirs d'origines inconnues se sont fait entendre au centre-ville de Port-au-Prince, selon l’agence France Presse. L'élection présidentielle organisée en octobre 2015 avait annoncé Jovenel Moïse élu dès le premier tour pour cinq ans, mais ce scrutin avait été annulé en raison de fraudes. Déclaré vainqueur au deuxième tour de l'élection réorganisée un an après, il a finalement prêté serment le 7 février 2017. Ses partisans estiment donc que son mandat n'a débuté qu'à cette date-là et qu'il s'achèvera le 7 février 2022. Après cette élection contestée, les manifestations de l'opposition politique exigeant sa démission se sont intensifiées.