Coronavirus : la zone frontalière de l'Oyapock sous haute tension

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Opération de contrôle sur le fleuve Oyapock
Opération de contrôle sur le fleuve Oyapock le 24 avril dernier ©Anthony Hilaire
Les nouveaux cas de Covid-19 en Guyane émanent des zones frontalières avec notamment le cluster de Grand Santi sur le Haut Maroni, près du Suriname. A l'Est, Saint-Georges de l'Oyapock compte 3 cas et devient une zone sensible avec la progression inquiétante de l'épidémie en Amapa et à Oiapoque.
Répondant à une question sur l'appel au secours lancé par la présidente des commerçants d'Oiapoque, côté brésilien, Lilma Da Silva Campos, à destination des autorités de la ville voisine française pour obtenir de l'aide sur le plan sanitaire, le maire de Saint-Georges de l'Oyapock a été très clair lors de son interview en radio sur Guyane la 1ère ce 28 avril :

... A Saint-Georges, nous n'avons pas non plus les moyens nécessaires pour répondre s'il y a une grosse vague de personnes touchées par le Covid... nous sommes deux pays indépendants, la maladie n'a pas de frontière mais c'est comme ça... 


C'est dire que la situation se tend dans cette région de la Guyane. Le maire de Saint-Georges le reconnait, la peur de la propagation du virus existe. Le risque peut venir du territoire brésilien, sur lequel il n'y a pas de visibilité véritable, comme de Cayenne.


Une vigilance stricte pour tout le monde à maintenir au delà du confinement

A Saint-Georges, compte-tenu de cette situation, il faut poursuivre le confinement affirme le maire, même si des fonctionnaires, notamment de l'éducation nationale exerçant à Saint-Georges habitent sur la rive brésilienne :
... les enseignants qui ont pris le risque d'habiter à Oiapoque seront responsables d'eux-mêmes...
Pour revenir enseigner à Saint-Georges dans le cadre de la réouverture des écoles, ils devront effectuer leur quarantaine. De même pour les élèves qui viennent d'Oiapoque et qui représenteraient une quarantaine d'écoliers selon le maire.
C'est une problématique frontalière compliquée à gérer. Georges Elfort en débattra avec le recteur.


Une réouverture des écoles sous conditions

De toutes les façons, la réouverture des établissements ne pourra se faire que sous certaines conditions. D'ailleurs, sur ce point, l'édile se dit partagé. Selon les scientifiques, il faut désormais apprendre à vivre avec ce virus, donc ouvrir en mai ou septembre cela ne change rien. Faut-il faire un galop d'essai avec quelques élèves avant le mois de septembre afin d'évaluer les difficultés? Il prendra sa décision après la rencontre prévue ce 29 avril avec les autres maires de Guyane.
Dans tous les cas, le maire de Saint-Georges veut protéger les habitants de sa commune et veille au respect du confinement et des gestes barrières sur son territoire. Selon lui, confiner les personnes atteintes du Covid-19 à Sinnamary est une bonne solution car, malheureusement, il y a des réfractaires et encore des allées et venues entre les deux rives, ce qui entretient le risque épidémique.