Guyane : la journée mondiale de l’asthme

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©PCORI
Le 3 mai 2022, c’est la journée mondiale de l’asthme. Initiée par la "Global Initiative for Asthma", cette maladie touche plus de 261 millions de personnes dans le monde, plus de 4 millions en France. L’asthme est l’une des maladies respiratoires chroniques, les plus fréquentes chez l’enfant, et la Guyane n’y déroge pas.

L’asthme est l’inflammation chronique des bronches, entraînant une hyperréactivité, à certaines substances. La maladie se caractérise par des crises, sous forme de sifflements et de gênes respiratoires. Dans les cas les plus graves, ces crises peuvent exiger une hospitalisation.

"Asthme" et particularités en Guyane

Le parking du Centre hospitalier de Cayenne
©Guyane la 1ère

 Les bronches de l'asthmatique, allergique ou non, sont particulièrement sensibles aux facteurs irritants que sont les polluants domestiques et atmosphériques. Si les différents facteurs déclenchant l’asthme sont communs, la Guyane a des particularités, découlant de son environnement spécifique.

  • Le climat de la Guyane,  chaud et humide, toute l’année est propice, à la prolifération des acariens. En particulier,  le Blomia Tropicalis, entre autres. Pour se développer cet acarien a besoin d’un milieu chaud, et d’un taux d’humidité d’au moins 80%.
  •  Des pollens spécifiques.Les pollens peuvent faire partie des facteurs déclenchant.   Le RNSA, réseau national de surveillance Aérobiologique, spécifie, qu’il, qu’on retrouve en Guyane, par exemple, le « mimosa pudica », et le « Cecropia ».
  •  Les sables du Sahara En Guyane, les vagues de « sables du Sahara », provoquent une affluence plus accrue, aux urgences du centre hospitalier de Cayenne. Les enfants, lors de ces pics de pollution sont particulièrement exposés. D’ailleurs, lors des pics de pollution, il est déconseillé aux personnes sensibles, ou fragiles de sortir, ou de pratiquer une activité physique, en plein-air.

L’asthme chez l’enfant

Asthme ventoline
Les asthmatiques ont souvent recours à des inhalateurs. ©CC

L’asthme chez l’enfant est à 80%, allergique, contre 60% pour les adultes. L’asthme est la première pathologie chronique respiratoire chez l’enfant. Un nourrisson peut être asthmatique.

Au centre hospitalier de Cayenne, chez les enfants, les tranches les plus touchées par cette pathologie, sont les : *1mois à 36 mois et les 3 à 8 ans.

L’approche de traitement pour cette pathologie est pluridisciplinaire. Docteurs, infirmiers, kinésithérapeutes, l’école de l’asthme (pour l’apprentissage du mieux vivre avec son asthme).

Les urgences pédiatriques, gèrent les patients qui font des crises d’asthmes sévères. Pour les communes isolées, on effectue des évacuations sanitaires.

 L’asthme chez l’adulte

La survenue de l’asthme, résulte de l’association d’une prédisposition génétique, et de facteurs environnementaux comme :

  • Les allergènes présents dans l’habitation (acariens, moisissures)
  • Les allergènes extérieurs (pollens, moisissures)
  • Les produits chimiques irritants
  • La fumée de tabac
  • La pollution de l’air, (sable du Sahara par exemple)  
  • Certains médicaments anti-inflammatoires, l’exercice physique, peuvent déclencher une crise. (Certains facteurs prédisposant l’asthme, sont déjà avoir terrain allergique, une rhinite allergique,ou encore  des bronchiolites à répétition).

Il faut savoir que :

L’asthme ne se guérit pas. Il persiste toute la vie même s’il y a des phases de rémission, qui peuvent durer plusieurs années.

Selon le Dr Chimène Maniassom

Pour un asthmatique qui prend bien son traitement de fond, normalement, il n’aura pas de crises. Le traitement de fond est fondamental, vraiment crucial. En première intention, on aura les anti-inflammatoires, les corticoïdes inhalés, ensuite, il y a les corticoïdes associés aux bronchodilatateurs, la classe des anti-leucotriènes, on a l’immunothérapie allergénique et la biothérapie. Mais j’insiste le traitement de fond est indispensable. On peut faire des crises sévères, et parfois même si c’est rare, en Guyane, on peut décéder d’une crise d’asthme.

Dr Chimène MANIASSOM pédiatre-allergologue