Homophobie, fuir pour survivre le témoignage de Kévin

témoignage
Kévin/// ©v porphyre
Kévin, la vingtaine, a dû fuir son pays, la République d’Haïti, uniquement parce qu’il aimait les hommes. Victime d’homophobie, il décide de partir, direction la Guyane, pour lui, c'est le symbole de la France et du pays des droits de l’Homme.

Nous l’appellerons, Kévin, pour préserver son anonymat. Son témoignage est saisissant, mais pas exceptionnel, car la République d’Haïti, en proie à des violences, et des instabilités politiques, n’épargne pas la communauté LGBT+.

C’est à l’âge de 16ans, que Kévin, se sent irrésistiblement  attiré par les hommes. Un jour, il franchit le pas, avec un homme plus âgé. De retour à la maison, l’insouciance de son âge, laisse place à la dure réalité, du pays où il vit.

Sa mère, le rejette immédiatement, et à l’âge de 16ans, il se retrouve propulsé dans le monde de la rue, et sa dure loi de la jungle.

Kévin// ©v porphyre

Kévin

J’ai été mis à la porte du jour au lendemain. Ma famille est très chrétienne, pour elle, c’était une abomination, une malédiction, d’avoir un gay, dans sa famille. Je suis allé chercher de l’aide dans une association, Pause, qui aidait les gays, et c’est là que j’ai trouvé mon premier amour

Kévin

Mais tout n’est pas idyllique, dans le monde de Kévin. Il se fait agresser trois fois. La première fois à l’école, à l’âge de 16 ans, une autre fois en sortant de boîte de nuit, la dernière agression, c’est celle de trop, il se fait une promesse, quitter Haïti à tout prix.

En 2019, je terminais une soirée tranquillement avec des amis, une bande de motards, a fait une ronde autour de nous. Nous avons été violemment agressés. Le pire, une voiture de police, est passée, les agresseurs ont crié, ce n’est rien, on agresse des gays, les policiers sont repartis, là je me suis dit, si je ne veux pas mourir dans un coin de rue, je dois fuir Haïti.

Kévin

De la République d’Haïti à la Guyane

Kévin quitte, Port-au-Prince, et arrive enfin en Guyane.

Dès le début je me suis senti en sécurité, le seul problème, c’est qu’à mon arrivée, j’étais hébergé dans une partie de la communauté haïtienne. Je ne craignais pas pour ma vie, mais j’avais ces regards pesants, qui étaient sur moi. Après, j’ai connu le Refuge, j’ai repris confiance en moi, j’ai pu respirer, avoir un hébergement, renouer avec le cycle de formation, cela m’a vraiment fait du bien.

Kévin

Kévin ©v porphyre

Et sa famille… 

Ma mère, a recommencé à me parler, elle a dit, à une amie commune, qu’elle ne m’a jamais rejeté. Elle craignait pour ma vie. A Haïti, notre propre voisinage peut vouloir nous agresser, car ils ont peur que leurs enfants deviennent gays comme nous. Il faut dire, qu’à mes 16 ans, les gens de mon quartier, m’ont agressé physiquement, verbalement, menacé de me tuer, si je ne quittais pas la maison familiale. Mais, cela a été une déchirure, quand j’ai été mis à la porte, et que je n’avais aucun endroit où aller.

Kévin

 Kévin, du haut de ses 27 ans, a une foi inébranlable en l’avenir. Il est heureux de vivre en Guyane, il a un rêve, qu’il compte bien concrétiser, devenir coiffeur et vivre de sa passion.