IMED : dans Mediapart, un reportage d’investigation dévoile la face sombre de la prise en charge du handicap en Guyane

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Le site de l'Imed Léopold Héder de Cayenne
Le site de l'Imed Léopold Héder de Cayenne. ©DR
Dans le microcosme journalistique guyanais, la plume de Marion Briswalter a la réputation d’être acérée et bien renseignée. Elle publie pour Mediapart, une enquête sur le scandaleux fonctionnement et la dérive de l’Institut Médico-Éducatif Départemental (IMED).

 

D’emblée le ton est donné :

« Suivi médical approximatif, défaut de surveillance, traitements de faveur pour certains personnels : le seul établissement public de Guyane accueillant des jeunes en situation de handicap fait défaut à tous les étages. Avec des conséquences graves pour les enfants. »

Pendant 6 mois la journaliste d’investigation a enquêté et recueilli les témoignages des salariés, des parents d’enfants pris en charge à l’Imed et du conseil d’administration.
 

« C’était un travail d’investigation classique…moins difficile que de précédentes enquêtes. Ce qui n’a le plus interpellé c’est l’absence d’administration concrète…tous les témoignages posent la même question : que font l’administration, l’ARS, les directeurs et les administrateurs,… ? »

Marion Briswalter, Journaliste Indépendante

Marion Briswalter
La journaliste indépendante, a enquêter pendant 6 mois pour écrire son reportage ©M. Briswalter


Des dysfonctionnements connus…

Six pages d’investigations, qui font la chronologie d’une dérive connue de tous les acteurs régionaux du secteur du handicap. En partant de l’année 2005, la journaliste remonte le fil des carences et dysfonctionnements de l’institution qui accueille en temps normale 133 enfants dépendants et handicapés.

Des initiatives pédagogiques hasardeuses (et carrément pas académiques) aux faits divers, comme le viol d’une résidente…
Le tableau dépeint est si glauque et révoltant qu’on en a presque la nausée !


…et reconnus !

Dans l’enquête de Marion Briswalter, Alain Edmund, administrateur provisoire de l’IMED, ne mâche pas ses mots quand il reconnait la gravité de la situation : « Si l’Inspection Générale des Affaires Sociale (IGAS) vient, elle ferme l’Imed car l’établissement fonctionne à coups de dérogations, ce n’est pas possible ! Tout le monde en est conscient… Il n’y a pas de commission d’admission, le conseil de la vie sociale (CVS) ne fonctionne pas, rien ne fonctionne. »

En mars dernier, la direction provisoire a rendu un nouvel audit. Un rapport plutôt salé pour les 70 salariés contractuels, titulaires et enseignants spécialisés détachés de L’Éducation Nationale. La crise sanitaire du Coronavirus a fait passer au second plan, cet autre dossier chaud de la santé en Guyane, mais comme les nombreux soubresauts sociaux, qui émaillent régulièrement l’actualité de l’IMED… il devrait bientôt refaire surface.
 
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