Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste en Guyane

histoire
Exposition "Les juifs de France dans la Shoah" du 24 avril au 18 mai à la Maison du combattant
Exposition "Les juifs de France dans la Shoah" du 24 avril au 18 mai à la Maison du combattant ©ONAC
Le 27 janvier, c’est la journée mondiale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste. Cette date, marque l’anniversaire de la libération du complexe de camps de concentration et d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau, par les troupes soviétiques en 1945. Quel écho, en Guyane, dans le milieu scolaire ?

Ce 27 janvier, une date symbolique, pour remettre en lumière les victimes de l’Holocauste. L’institution scolaire, et les professeurs d’histoire-géographie, ont un rôle fondamental, de transmission de savoir.

Pour l’académie de Guyane, celle qui accompagne les enseignants d’histoire-géographie, dans leur mission, c’est Amandine Touitou.

(IA-IPR  inspectrice d’académie, pédagogique, régionale)

Amandine Touitou IA-IPR ©v porphyre

Concernant l’Holocauste, il n’y a pas d’adaptation particulière pour la Guyane. On suit, le programme national. La seule chose qu’on pourrait noter, au niveau régional, l’adaptation porterait peut être, sur les dissidents guyanais de la seconde guerre mondiale. Mais il faut noter, que le rectorat encourage les enseignants à participer au Concours national de la résistance et de la déportation.

Amandine Touitou

l’apprentissage de l’histoire se fait de manière spiralaire, sur cette thématique particulière, les élèves vont l’aborder au collège en 3ème, avec l’Europe comme théâtre majeur de guerre, puis les élèves vont l’étudier à nouveau en terminale, où l’accent sera mis sur les crimes de masse, et la question du génocide. Sans oublier qu’avec les nouveaux programmes, il y a un enseignement de spécialité qui s’appelle HGGSP, Histoire géographie, géopolitiques et sciences politiques. Et là, ils pourront notamment voir, comment l’histoire nourrit la mémoire, et comment la mémoire nourrit l’histoire

Amandine Touitou
livres du cdi du lycée Léon Gontran Damas ©v porphyre

Mémoire de l’Holocauste, au collège …

 Jean-michel Arthaud, est professeur d’histoire géographie, depuis plus de 20 ans.  Actuellement enseignant, au collège Paul Kapel, il a une méthodologie bien rodée, pour aborder ces faits historiques, cette notion de « crime contre l’humanité », de génocide, de libération de camps de concentration et d’extermination.

J’utilise beaucoup de photos pour présenter cette période. Les photos, ça leur parle plus, ça les implique. J’utilise également quelques textes historiques, des extraits de « Mein Kampf » pour les faire réagir. Ils sont tous avides d’informations, très concernés. Je leur montre également une carte, de localisation des camps, pour leur montrer que cela dépassait les frontières de la France, de l’Allemagne.

Jean-Michel Arthaud professeur d'histoire-géographie

Après le collège, le lycée, un approfondissement de l’histoire

Sarah Ebion, enseignante au lycée Léon Gontran Damas, est également membre de l’association des professeurs d’histoire géographie de la Guyane.

Sarah Ebion professeur d'Histoire-géographie ©v porphyre

Moi ce que je trouve important dans l’enseignement de cette histoire qui me fascine, on est dans un contexte, où l’on aura plus de témoins de ce génocide, les derniers disparaissent. C’est important pour cette mémoire. Il est plus que jamais important de travailler sur ce qu’est l’histoire, c’est-à-dire la confrontation des sources. Pour donner une image de cette réalité qui est terrible. On travaille beaucoup sur les témoignages (chansons, photos, journaux) qu’on confronte avec des outils. Ce qui est intéressant, c’est la spécialité HGGSP, histoire, géographie, géopolitique et sciences politiques. Là, ils élargissent la réflexion sur la notion de génocide, les lieux de mémoire, et ils ont une réflexion à mener, sur la justice face aux génocides.

Sarah Ebion enseignante en Histoire-géographie

Au-delà, de l’apprentissage…. Réflexion des lycéens

Pour Sarah Ebion

Les lycéens en Guyane, sont vraiment dans une démarche d’apprentissage, de compréhension des faits, du processus, qui peut mener, à cette mécanique de génocide et de massacre organisé. On est en Guyane, mais avec eux, il n’y a pas cette notion, de rivalité entre l’esclavage, et l’Holocauste. De toutes les façons, Pour moi en tant qu’historienne, cette concurrence n’a pas lieu d’être, je ne dis pas qu’elle n’existe pas, dans les débats de la société civile, peut-être. On ne peut comparer, ce qui n’est pas comparable. On a l’impression que pour certains, faire cette comparaison, c’est réhabiliter l’horreur, qu’a été l’esclavage, ou toute sa cruauté. On n’a pas besoin de tout ça, pour dire que ça a été quelque chose, d’atroce, d’immorale.

Le 27 janvier,  journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste. Le 20ème siècle, a été le témoin de nombreux génocides, et de crimes contre l’humanité, au Rwanda, à Srebrenica, au Cambodge, entre autres. La commémoration sensibilise au danger que représentent, la haine, les préjugés, les mouvements extrémistes, et les régimes totalitaires.