La chasse à l'iguane, dit Bi Léza ou Wayamaga, suspendue pendant 4 mois en Guyane

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Chasse à l'iguane
©Office Français de la Biodiversité
A partir du 1er septembre, la chasse à l'iguane est interdite jusqu'au 31 décembre en Guyane afin de respecter la période de reproduction. Une réglementation en vigueur depuis 2011. L’iguane n’est pas pour l'instant une espèce protégée. Sa chasse et son commerce sont réglementés mais pas interdits.

Pas de fricassée de lézard au menu pendant quelques mois. La chasse de ce reptile herbivore apprécié pour sa viande et ses oeufs est interdite du 1er septembre au 31 décembre, en Guyane, afin de respecter la période de reproduction.

La femelle iguane est particulièrement vulnérable à partir du mois d’août car elle doit creuser un terrier pour y déposer ses œufs. Durant ces semaines, il est indispensable d’assurer sa protection. Quatre-vingt dix jours d’incubation sont ensuite nécessaires avant l’éclosion à condition qu'aucun prédateur (animal ou homme) n'ait déterré les oeufs.

Chasse à l'iguane
©Maïouri Nature

Depuis 2011, l'arrêté Quotas réglemente donc, entre autres, cette chasse au saurien afin de lutter contre la diminution de l'espèce et l'altération des habitats. "L'iguane reste une espèce chassable et commercialisable du 1er janvier au 31 août", souligne François Korysko, délégué territorial pour la Guyane de l'Office Français de la Biodiversité.

François Korysko, délégué territorial pour la Guyane de l'Office Français de la Biodiversité, revient sur la publication de l'arrêté Quotas en 2011. Il est au micro d'Isabel LEROUGE

Toute infraction est sanctionnée d'une amende de 4e classe : c'est à dire de 135€ si elle est réglée de suite ou jusqu’à 750€ dans le cas de pénalités de retard.

Des contrevenants peu nombreux pour l'OFB


Par ailleurs, des saisies peuvent être effectuées par les différentes forces de l'ordre, notamment les spécimens chassés et l'arme du contrevenant.

Chasse à l'iguane
Contrôle des iguanes capturées par des agents du SMPE (Service Mixte de Police de l’Environnement de Guyane). ©Office Français de la Biodiversité

Chaque année, les agents de l'Office Français de la Biodiversité constatent quelques infractions à cette période de chasse. Mais cela reste anecdotique, de même que le non-respect des quotas lors de la période de capture autorisée.

Pour rappel, un prélèvement de 3 iguanes par chasseur et par sortie de chasse est autorisé du 1er janvier au 31 aout. 

L’iguane n’est pas une espèce protégée. Sa chasse et son commerce sont réglementés rappelle François Korysko.

L’iguane peut être détenu vivant sans autorisation jusqu’à 10 individus.

Un tarif de 80 à 100€ le kilo


Quant au commerce de l’iguane dans les établissements de vente et de restauration, il est soumis à autorisation et à la tenue d’un registre avec présentation d’un justificatif d’origine. Selon nos informations, le prix d'un iguane serait aujourd'hui de 80 à 100€ le kilo. Parfois davantage. Une valeur fluctuante en fonction de la saison.... et de la période de chasse.

Enfin, l'arrêté Quotas tient compte des spécificités du territoire, en particulier pour les communautés amérindiennes.

Pour l'iguane, la chasse de subsistance est autorisée dans certaines zones de la Guyane, comme le précise François Korysko.

Pour Maïouri Nature Guyane qui a défendu cette réglementation, les pratiques de chasse à l'iguane ont évolué aujourd'hui, de nouvelles méthodes sont apparues.

"Quand vous apprenez que des individus chassent l'iguane en le poussant dans un filet de pêche pour l'attraper, ce n'est pas une pratique ancestrale. Pareil, quand vous voyez des personnes en décembre/janvier qui vendent de l'iguane au bord de la route, ce n'est pas dans cette période là que traditionnellement, de façon coutumière, on chasse et on mange l'iguane en Guyane"

Jean-Marie PREVOTEAU, porte-parole de Maïouri Nature Guyane


Pour lutter contre ces nouvelles formes d'abus, il faudrait, pour Jean-Marie Prévoteau, aller plus loin avec la création d'élevages d'animaux sauvages. Des animaux nourris et élevés dans des conditions semi-naturelles. 

"En tant que Guyanais, en tant que citoyen, en tant que consommateur, j'attends de pourvoir consommer de la viande sauvage d'élevage, nourrie correctement. Le prix serait moindre. Le consommateur irait vers cette viande dont il aurait la traçabilité plutôt que vers celle vendue au coin de la rue, à la va-vite. il y aurait toute une économie, un circuit à mettre en place pour répondre à ce besoin."

Jean-Marie PREVOTEAU, porte-parole de Maïouri Nature Guyane


Un moyen de faire baisser le prix du kilo d'iguane et donc peut-être, à long terme, de limiter la pratique de la chasse. Cette décision, selon Maïouri Nature Guyane, reste tributaire tant de la volonté de l'état que de la politique des élus locaux.