La réalité des inégalités entre les femmes et les hommes en Guyane

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Une espérance de vie plus élevée chez les femmes
Une espérance de vie plus élevée chez les femmes ©Guyane la 1ère
L’examen de quelques chiffres donne une photographie précise de la situation et des écarts qui existent encore en Guyane entre les femmes et les hommes. Plus nombreuses mais moins insérées dans le milieu professionnel, les femmes étudient cependant plus et investissent maintenant davantage la sphère politique.

10 000 femmes de plus que d’hommes en Guyane

153 000 femmes vivent en Guyane alors que les hommes sont un peu de 140 000. Des chiffres qui s’expliquent aussi par l’allongement de la durée de vie. L’espérance de vie du sexe féminin est déjà plus importante dès la naissance. Les femmes vivent plus longtemps. L’estimation est  de plus de 83 % contre moins de 77 % pour les hommes.

Les femmes font des études plus longues

Elles étudient plus longtemps et poursuivent davantage des études supérieures que les garçons. Ainsi le taux de scolarisation au-delà de 18 ans chez les femmes guyanaises atteint 42 % contre seulement un peu plus de 36 % pour les hommes. Il y a donc plus de femmes diplômées dans les études supérieures que de diplômés masculins. Cela représente 18 % pour les femmes  et pour les hommes 16 %.

Les inégalités hommes femmes dans le milieu professionnel perdurent

Le salaire net annuel (moyen) des femmes est en Guyane d’un peu plus de 25 000 euros annuels alors que les hommes gagnent en moyenne plus de 27 000 euros par an.
Les femmes sont davantage présentent dans les secteurs de l’Administration publique, de l’enseignement, la santé, l’action sociale. Des postes qui sont occupés par des femmes à plus de 57 % alors que dans les commerces, transports, services divers, les emplois occupés par des femmes représentent 45 %.
Mais tout en étant plus diplômées, plus nombreuses et en vivant plus longtemps, les inégalités entre les femmes et les hommes perdurent.

La part des femmes au sein des catégories professionnelles est inégale. Chez les cadres seulement 45% sont des femmes mais en revanche, elles sont 67 % à  occuper un poste d’employé en Guyane On constate donc que les femmes guyanaises sont encore sous représentées dans des postes de direction et d’encadrement supérieur malgré leurs diplômes et leurs qualifications.  Ces inégalités dans les postes de travail et dans les salaires sont renforcées par des situations familiales différentes.

La prédominance des familles monoparentales

Beaucoup de femmes ne sont pas mariées. Il y a davantage de naissances issues de couples non constitués et non officiels. De nombreux enfants ne sont pas reconnus par leur père. A cela s’ajoute un autre facteur : celui des maternités précoces avant l’âge des 20 ans. Un frein à la poursuite des études ou d’un métier plus qualifié.

Les familles monoparentales sont donc des foyers tenus par des femmes la plupart du temps en Guyane. Les cheffes de famille représentent plus de 35 % des foyers guyanais, contre seulement 6 % pour les hommes 

Des femmes qui investissent davantage le milieu politique

En ce qui concerne un domaine d’actualité : la politique et les élections, les femmes sont désormais mieux représentées. Grace aux lois adoptées ces 20 dernières années en faveur de la parité, la féminisation des élus guyanais s’améliore : le Conseil territorial de Guyane est composé à 45 % de femmes, et 48% siègent dans les conseils municipaux. Enfin 24 % des maires de Guyane sont des femmes. Dernière remarque : les Guyanaises élues à des fonctions municipales sont, en général, plus jeunes que leurs homologues masculins, ce qui est porteur d’un renouvellement du paysage politique guyanais.