O Mayouri : "Bêtes de la Brousse" de René Maran, des contes imprégnés de sagesse africaine

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Bêtes de la brousse
©Marie-Claude Thébia
"Bêtes de la Brousse" de René Maran est réédité aux éditions Scitep. Ce livre publié en 1941, est composé de 4 contes dont les animaux sont les héros. Des histoires simples de prime abord mais qui se révèlent être des leçons de sagesse africaine.
René Maran
René Maran ©DR

René Maran avec le roman "Batouala" est le premier écrivain noir, guyanais à obtenir le prestigieux prix Goncourt. C’était en 1921. Un scandale dans les milieux littéraires de l’époque. De nombreuses commémorations ont lieu dans toute la France et à l’étranger. Près de 6 de ses ouvrages ont été réédités pour cette année. Parmi eux, "Bêtes de la Brousse" aux éditions Scitep. Il était pratiquement introuvable.

Des animaux qui parlent

Bêtes de la brousse
©Marie-Claude Thébia

René Maran aux débuts de sa carrière est un fonctionnaire colonial zélé puis il entrera en rébellion contre son administration. Comme "Batouala", l’action de "Bêtes de la Brousse" se déroule en République centrafricaine. Cet ouvrage sorti en 1941, est un recueil de contes dont les animaux de la forêt sont les personnages centraux. Quatre contes, à double sens, qui suscitent la réflexion. René Maran pointilleux, attentif aux détails des comportements, dé­crit avec précision les mécanismes individuels et collectifs d’animaux de la forêt. L’homme aussi est présent, ils sont forcément ses collègues administrateurs « blancs de peau » et leurs administrés, « noirs de peau ». Chacun en prend pour son grade. A la manière des fables de Lafontaine, chaque histoire a une morale et très vite le lecteur ne fait plus de différences entre les hommes et les animaux.

Atteindre la perfection

Bêtes de la brousse
©Marie-Claude Thébia

C’est évidemment très bien écrit. Il est dit que René Maran n’a eu de cesse, durant de longues années de réécrire ses histoires afin qu’elles atteignent la perfection. La violente polémique le poursuivra jusqu’à la fin de sa vie. L’écrivain est mort à Paris le 9 mai 1960 dans le dénuement le plus total. Il laisse une œuvre considérable. 

Le coup de cœur du libraire : "Les villages de Dieu" de Emmelie Prophète chez Mémoire d'encrier

Résumé :

Retranchées dans des cités qui tirent leur nom de la légende biblique – Puissance Divine, Bethléem – des gangs de bandits pillent, violent et assassinent, en toute impunité. Celia, adolescente, cherche à survivre, tantôt en se prostituant, tantôt en faisant la chronique des femmes de la cité sur les réseaux sociaux, où elle devient influenceuse. Les villages de Dieu dit l’effondrement et la banalité du mal dans cette ville de Port-au-Prince livrée à ses démons.

Née à Port-au-Prince, Emmelie Prophète est romancière poète, et journaliste.