Agriculture : le projet de création d'une Safer actée en 2017 ne mobilise pas en Guyane

agriculture guyane
La chambre d'agriculture de la Guyane
©Sébastien Laporte
La création d’une Safer, une société d’aménagement foncier et d’établissement rural, avait été actée à l’issue de la mobilisation de 2017. Mais trois ans après la signature de l’Accord de Guyane, les exploitants attendent toujours.
La création d’une Safer, une société d’aménagement foncier et d’établissement rural, avait été actée à l’issue de la mobilisation de 2017. Cet organisme permet notamment de réguler le marché du foncier agricole, et d’accompagner l’installation des agriculteurs. Mais trois ans après la signature de l’Accord de Guyane, les exploitants attendent toujours.


Une création actée dans l'Accord de Guyane


Les agriculteurs guyanais ne l’ont pas oublié : 20 000 hectares, appartenant à l’Etat, leurs sont destinés. En 2017, l’Accord de Guyane validait la création d’une société d’aménagement foncier et d’établissement rural, une Safer, pour accompagner ce processus. Pour l’instant, seul un groupement d’intérêt public, un GIP, préfigure cet outil, qui reste donc encore à créer.
Christian Epailly, président de la FDSEA Guyane :
 

« L’Etat nous a sorti une usine à gaz, une grosse usine à gaz, qui depuis deux ans n’a rien produit comme gaz. Donc pas d’installation, rien du tout. Et on a consommé quand même 200 000 euros pour une personne, pour la gestion d’une personne, dans ce fameux GIP Safer qui pour nous représente rien du tout. Parce qu’on a installé aucun jeune agriculteur, on n’a pas eu un hectare de foncier d’aménagé, y a rien eu. Nous ce que nous demandons, c’est la mise en place immédiate de la commission technique qui a le même rôle que la Safer au sein de l’établissement public foncier, l’EPFAG ».

 
Christian Epailly
Christian Epailly, président de la FDSEA Guyane ©Sébastien Laporte
En attendant la création de cette Safer, c’est effectivement l’Etablissement public foncier et d’aménagement de la Guyane, l’Epfag, qui gère l’accès aux terres agricoles.
Plusieurs types de structures ont été imaginés par l’actuel groupement d’intérêt public dont la solution provisoire envisagée par la FDSEA explique Albert Siong, président la chambre d’agriculture et président du GIP Safer :
 

« Le problème aujourd’hui c’est que si on met une Safer en Guyane, il faut que l’Etat mette la main à la poche pour assurer le démarrage. Avec l’Epfag, les moyens sont là déjà, il faudra juste ajouter un petit peu. Mais aujourd’hui, la question c’est : est-ce que la profession et la CTG le souhaitent aussi ? Voilà… »


Car les exploitants entendent disposer d’un outil qui réponde à leurs besoins, et dont ils peuvent donc maîtriser le fonctionnement rappelle Jean-Yves Tarcy, 1er vice-président de la chambre d’agriculture, président du Grage (Confédération Paysanne) :

« On a besoin aussi d’échanger sur la position véritablement politique de la CTG vis-à-vis de la création de la Safer puisque cela a été une demande des professionnels en 2017. Puisque l'on a voulu cet outil de gestion géré par les professionnels et géré en Guyane, un outil autonome ».


Un premier choix sur le statut et les fonctions de la future Safer doit être établi le mois prochain.


 
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