Après 3 rapports accablants, la CTG place une maison d'accueil pour mineurs sous administration provisoire et licencie la directrice.

santé
La structure placée sous administration provisoire
La structure placée sous administration provisoire ©J Helgoualch

La Collectivité Territoriale de Guyane vient de placer un établissement accueillant 70 mineurs et jeunes majeurs, sous administration provisoire. Une décision prise à l’issue de plusieurs rapports et audits qui ont révélé de nombreux dysfonctionnements dans la structure. 

 

 

Un récent rapport du cabinet d’expertise comptable KPMG, confirmé par l’inspection menée par la Collectivité Territoriale de Guyane, a mis en évidence de graves dysfonctionnements qui ont conduit à un dépôt de plainte et au licenciement de la Directrice de la structure.

Ces lignes sont extraites du communiqué envoyé par la CTG aux médias. L’AGAEJEF, l' association guyanaise d’aide à l’enfance, la jeunesse et la famille a été placée sous administration provisoire depuis le 1er Mars.

L'AGAEJEF à Remire-Montjoly
L'AGAEJEF à Remire-Montjoly ©J Helgoualch

Une décision du président de la CTG suite à plusieurs rapports accablants sur le fonctionnement de la structure et l’accompagnement des 70 jeunes placés sous la protection de l’aide sociale à l’enfance et suivis par l’association de Rémire-Montjoly.

Dans un communiqué de la CTG, il est précisé

Cette décision est motivée par les conclusions de missions d’inspection successives réalisées entre octobre 2018 et décembre 2020, par les services du Pôle Prévention Solidarité Santé de la CTG. Les contrôleurs missionnés ont mis en évidence des problématiques de gouvernance et de gestion financière impactant la continuité d’exploitation ainsi que la qualité de la prise en charge des jeunes accueillis et les conditions de travail.

Communication CTG

L'AGAEJEF à Remire-Montjoly
L'AGAEJEF à Remire-Montjoly ©J Helgoualch

L’AGAEJEF gère un foyer, un établissement agréé. C’est une maison d’enfants à caractère sociale, qui accueille 70 jeunes (mineurs et jeunes majeurs), de 13 à 21 ans, dont 50 en foyer et 20 en famille d’accueil. Des jeunes placés sous la protection de l’ASE, l’aide sociale à l’enfance, compétence de la CTG. L’association emploie une soixantaine d’agents et la CTG finance la structure à hauteur de 3.3 millions d’euros.

Comment sont pris en charge les 70 jeunes âgés de 13 à 21 ans placés dans cette structure? On peut avoir de sérieux doutes sur l’accompagnement de ces mineurs ou jeunes majeurs après cette décision que vient de prendre la collectivité territoriale de Guyane.

Audrey Marie, la vice-présidente de la CTG, déléguée à la petite enfance et à la jeunesse précise

Ce sont des dysfonctionnements concernant la gestion des ressources humaines, la qualification des personnes, l’organisation des services, un manque de prise en charge des jeunes et des malversations qui font qu’on ne peut pas confier les jeunes à cette association.

Audrey Marie, déléguée à la petite enfance et à la jeunesse

Audrey Marie
Audrey Marie ©J Helgoualch

Une accumulation de dysfonctionnements.

Des plaintes ont été déposées au sein de l’association et la CTG a aussi licencié la directrice de la structure.

La collectivité territoriale évoque également un encadrement carencé impactant gravement la prise en charge des jeunes.

Au sein des assistantes familiales, on a des personnes qui sont aguerries, et qui font de leur mieux. Mais, si il y en a quelques-unes qui dysfonctionnent et que cela est révélé, il faudra que ça passe en commission paritaire, et on n’hésitera pas à prendre les mesures adéquates.

Audrey Marie, vice-présidente de la CTG

L'AGAEJEF à Remire-Montjoly
L'AGAEJEF à Remire-Montjoly ©J Helgoualch

Une administratrice provisoire a été nommée pour 6 mois. Il s’agit de Johanna Antoinette. Elle devra produire un premier rapport d'étape au terme des 3 premiers mois de son intervention. La structure devrait être transférée à un nouveau gestionnaire.

En Guyane, 800 jeunes sont confiés à l’aide sociale à l’enfance. La CTG a obtenu du gouvernement une aide de 12 millions d’euros sur 3 ans pour remettre la protection de l’enfance sur les rails.

Le reportage de Jocelyne Helgoualch et Franck Fernandes

Enfance : le foyer Courbaril placé sous administration provisoire.