Education : affectations scolaires en Guyane, des parents plus mobilisés que jamais

éducation
Education : affectations scolaires en Guyane, des parents plus mobilisés que jamais
©Clotilde Séraphins George
Pendant la fermeture du rectorat, les parents des élèves en difficulté d’affectation passent à un autre niveau d’organisation, ils se constituent en association loi 1901. Le C.P.E.G., Collectif des Parents d’Elèves de Guyane poursuit sa lutte pour le respect des demandes d’affectation des élèves.
Education : affectations scolaires en Guyane, des parents plus mobilisés que jamais
©Clotilde Séraphins George

Route de Baduel à Cayenne, le rectorat de Guyane peut profiter de ses derniers jours de vacances car les parents d'élèves n'ont rien perdu de leur détermination. Le 19 août prochain, à la réouverture de l'institution, ils promettent de reprendre là où ils s'étaient quittés.

Education : affectations scolaires en Guyane, des parents plus mobilisés que jamais
©Collectif des Parents d'Elèves de Guyane

Les parents des élèves en difficulté d’affectation n’ont pas chômé pendant ces grandes vacances. Ils en ont profité pour créer une association, le C.P.E.G. le Collectif des Parents d’Elèves de Guyane pour tenter de peser plus dans les discussions qu’ils se préparent à reprendre dès la réouverture du Rectorat.

Le collectif compte cinquante-cinq parents. Sur les quarante-sept dossiers de recours qu’il a déposés via les établissements d’origines des élèves et transmis au S.A.I.O. (Service Affectation Information Orientation) du rectorat, dix-neuf ont obtenu une réponse finalement positive et favorable, ce n’est pas suffisant.

Education : affectations scolaires en Guyane, des parents plus mobilisés que jamais
©Collectif des Parents d'Elèves de Guyane

Des centaines de dossiers en attente

Ces quarante-sept dossiers ne sont que quelques-uns des cas de litiges concernant l’entrée au lycée en Guyane.

Ils seraient un peu plus de huit cent élèves, le collège terminé, à ne pas pouvoir s’inscrire au lycée, tous lycées confondus.

Le collectif se mobilise aussi pour ceux qui de guerre lasse se sont inscrits dans le privé, sont partis prématurément en France ou ont tout simplement quitté le système éducatif car être inscrit sur les "listes supplémentaires" des établissements scolaires ne garantit aucunement une place à la rentrée.

La solution des mobile homes

Car c'est le manque de places chronique dans les écoles et autres établissements scolaires qui pose problème. Un manque d'anticipation, soulignent des parents qui ont vu grandir et évoluer leurs enfants depuis le début de leur scolarité dans ce même contexte d'insuffisance de places. 

Avant les vacances, le collectif avait participé à trois réunions importantes à la CTG. La Collectivité Territoriale de Guyane en charge de la construction des collèges et des lycées. Elle s'était dite favorable à l’installation de mobile homes dans les lycées existants, la solution d’urgence qui permettrait d’amoindrir les difficultés et de répondre au plus vite aux attentes.

Une amorce de solution qui n'a rien de nouveau dans le paysage scolaire guyanais mais qui ne recueillerait pas l’adhésion du rectorat ni même celle de certaines associations de parents d’élèves.

La déscolarisation, un fléau en Guyane

Si la problématique des affectations n'explique pas à elle seule la déscolarisation ou la non-scolarisation, le phénomène est conséquent dans le département et tend à s'amplifier. Les difficultés rencontrées pour l'entrée au lycée se retrouvent pour l'entrée au collège et aux niveaux inférieurs, et l'insuffisance des classes en est l'une des principales raisons. 

En 2018, le rectorat faisait état de plus de onze mille élèves non-scolarisés en Guyane.

Le journal Ouest-France y avait consacré un article.