La filière élevage de la Guyane se développe mais peine encore à satisfaire le marché local

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E salon
Méga Farm, M. Nicola, Savane Matiti, Wayabo à Kourou. ©INTERVIG
Gros plan sur la filière élevage, à l’occasion du E-salon "Guyane, Terre d’élevage" qui a débuté vendredi matin à Cayenne. Les enjeux sont importants : le Guyanais mange en moyenne 60kg de viande par an, dont 85% de volaille et porc. Quelle est la part de la filière locale ?

Aujourd’hui l’élevage guyanais est remarquable par sa grande diversité de production : bovins, porcins, volailles pondeuses et chair, ovins, caprins et lapins sont représentés. Le résultat d'un développement en plusieurs étapes.

En 1946, la Guyane devient un département français : l’élevage est principalement pratiqué par de petits agriculteurs traditionnels. Trente-et un ans plus tard, en 1975, c’est le Plan Vert : son objectif est de développer la filière élevage. Mais cette politique agricole est un échec en Guyane. Dix ans après sa mise en place, la production locale de viande recule. 

"La Guyane en questions" par Jean-François Troussier (1976).
Extrait du livre "La Guyane en questions" par Jean-François Troussier (1976). ©Persée

Les agriculteurs de Guyane vont donc eux-mêmes structurer la filière, en se regroupant par type d’élevage : bovin, porcin, caprin, aviaire. Première réussite du secteur : la production d'œufs. Depuis juillet 2005, la totalité des œufs vendus dans les commerces guyanais sont produits localement. 

Un abattoir à Rémire et à Mana

En 2012, des éleveurs de bétail se fédèrent au sein d’Intervig, l’interprofessionnelle de l’élevage de Guyane. 

E-salon
©INTERVIG

Deux ans plus tard, l’abattoir de Mana ouvre ses portes, ce qui porte à deux le nombre de ces structures, avec l’abattoir de Rémire-Montjoly.

En 2016, les abattages via les abattoirs de Rémire-Montjoly et de Mana ont progressé de 8,1 % pour les bovins et les importations de viande bovine ont reculé de 1,72 % sur l’année (+9,9 % en 2015) (IEDOM 2016).

Augmentation des capacités d’abattage

Auourd'hui, sur toute la production régionale, 60 % des abattages concernent la viande bovine
Le cheptel bovin guyanais a presque doublé au cours de cette dernière décennie avec une nette augmentation des volumes abattus. Il comptait presque 19 000 têtes en 2016 (source BDNI 2016).

Cheptel bovin Guyane
©DAAF Guyane / Agrieste

Le nombre de tonnes de viande bovine produite sur notre territoire a doublé en 10 ans, avec plus de 600 tonnes en 2020. 
La production de viande de porc augmente doucement d’une centaine de tonnes sur la période. Pour ce qui est des petits ruminants, les chèvres et autres moutons, la production triple pour atteindre 13 tonnes. 

Quelle est la part de viande locale dans nos assiettes ? 

La viande bovine reste la plus consommée dans le territoire, bœuf et buffle confondus : la Guyane fournit plus du quart de la viande consommée en 2020. 
Pour le porc, la part locale s'élève à 15% de la viande consommée. Seulement 12.6% de la viande de chèvre consommée en Guyane est locale. Pour le mouton et l’agneau, la part de la viande locale chute à 4.5%. Enfin pour le poulet, la production locale couvre à peine 3% des besoins du territoire. 

Un secteur prioritaire

La route reste longue pour fournir 100% du marché guyanais et parvenir à l'autosuffisance alimentaire. Les défis sont de taille, comme la difficulté d’importer les aliments pour certains animaux ou encore le manque d’infrastructure pour desservir les zones agricoles isolées. L'enjeux est colossal : selon une étude Deloitte, le marché alimentaire guyanais devrait doubler d’ici 2040. 

Sources : Agrieste/DAAF Guyane